Le Gr 10 a une fin pour cet été…

JOUR 10
Saint Jean Pied de Port – Kaskoleta
16 km – 5h15 – 848 D+ 390 D-

La nuit a fait son effet.. C’est décidé,  on tente de poursuivre! Objectif du jour : Kaskoleta et son gîte où nous attendent nos nouveaux lyophilisés!
8h15, départ, le p’tit dej est avalé en marchant. La météo s’annonce chaude, on ne traîne pas. Ma jambe se fait oublier pour le moment, alors on en profite. Et on cartonne!! On avale les 11 km de la matinée en 3h30, soit 30 minutes de moins que le temps topo guide!! Yeeeeepaaaaaaa!!!!! On est des Warriors!! Hihi! Trop contents de nous!

La chaleur est bien présente,  35 degrés,  on se pose à l’ombre au bord de la rivière qui traverse Estérençuby. On fait la rencontre d’un petit chaton qui semble vouloir nous accompagner… J’ai beau faire les yeux doux en mode Chat Potté à Antoine et le chaton aussi, mon doudou ne veut rien savoir… Pas d’adoption possible… Ça l’aurait fait de continuer l’aventure avec un p’tit félin à nos basques…

Bientôt l’heure de reprendre notre route, un dernier verre en terrasse en mode glaçon à ras bord s’il vous plaît, et c’est parti ! C’est une montée sur route qui nous attend, et le moins que l’on puisse dire c’est que le bitume et la chaleur ça n’est pas la meilleure association… Avec ces grosses chaleurs,  j’ai encore une fois du mal à gérer ma respiration, grimper reste difficile… Nous ne sommes plus très loin du gîte,  courage… Je respire mal, j’insiste, dernière montée avant d’atteindre le chemin final, je commence à sentir mes oreilles qui bourdonnent, mon souffle se saccade, je me sens faiblarde… Le temps de dire à Antoine que j’ai vraiment trop chaud, il m’aide à vite m’allonger, voilà la crise d’asthme est là… Je vois des étoiles,  je tremble, je respire difficilement, mon doudou me verse de l’eau sur la tête et s’empiffre en parallèle de mûres sauvages! Lui savoure,  moi j’déguste..

Nous sommes tout à  côté de l’arrivée, il doit rester 2 km.. Allez, 10 minutes de pose et une dosette de sucre plus tard, on repart… Je ne sais pas faire doucement quand je sais que nous arrivons… Antoine me dit que je réagis comme les chevaux qui rentrent à l’écurie,  j’y vais au galop… On dégouline,  on va y arriver à ce satané gîte oui!!!??? Enfin, la délivrance… Notre hôte nous accueille tout sourire, et nous indique où nous pouvons poser la tente… On avale une boisson fraîche, posés à l’ombre en compagnie d’autres marcheurs… Yesss, on y est… Les discussions vont bon train sur le GR10 et le GR20, on s’encourage, on se motive, on s’indique nos parcours, on échange sur le matériel, les objectifs, les durées de marche des uns et des autres…
Reposés, on peut à présent poser la tente et ranger nos affaires. Nous devrions être plusieurs à dormir là ce soir nous indique la propriétaire mais premiers arrivés,  premiers servis, nous choisissons un emplacement à l’ombre!

La douche est un bonheur sans nom! Et le massage de ma cuisse fait du bien! Je continue à prendre de l’anti-douleur et à masser, et nos presque 2 jours de repos forcés ont payé,  puisque je n’ai pas souffert aujourd’hui !!! Yess!! Ça nous donne bon espoir pour la suite! Maintenant que nous sommes propres, nous réceptionnons notre carton laissé il y a quelques temps contenant la nourriture pour les prochains jours… Récompense suprême,  nous y avions glissé une tablette de chocolat, véritable pêché mignon qui remonte les batteries à bloc!!

Et c’est autour de la table que nous faisons connaissance de Gaïtane et Guillaume, chanteurs du groupe Bon Air. Ils sont également sur le Gr10 avec leur petite fille et des amis pour 1 semaine. Ça parle musique,  bateau, rando, voyage… Tout ce qu’on aime, le tout dans une ambiance bon enfant autour d’un délicieux repas préparé par la maison et d’une glace au lait de brebis à tomber par terre! Il fait toujours aussi chaud, nous sommes bien fatigués mais comblés par le coucher de soleil qui nous est offert et juste heureux d’être là…

JOUR 11
Kaskoleta – Lac d’Iraty après les chalets Pédro
17 km – 5h30 – 1298 D+ 713 D-

Le réveil est difficile ce matin. Il a fait extrêmement lourd toute la nuit et un vent chaud a soufflé, ce qui ne nous a pas aidé à dormir. On attaque par de la grimpette comme d’habitude, l’inverse ne serait pas normal dans le pays basque! 😉

La montée vers le col d’Irau est très longue mais celle vers le sommet d’Occabé l’est encore plus. Les températures avoisinent à nouveaux les 36 degrés,  le vent souffle, il est chaud et il n’est pas dans un sens bénéfique pour nous, nous luttons un peu plus pour avancer comme si le poids du sac, l’inclinaison des pentes ne suffisaient pas… Le sommet est très pentu, je n’ai plus de jambe, plus de souffle comme d’hab! Le paysage est grandiose, sauvage, les chevaux en liberté,  les brebis et la montagne en toile de fond sont magnifiques … Il n’y a qu’à observer et se laisser envoûter par les lieux…

Pourtant je me sens piégée, face à ce qui me semble être des murs nous restant à passer. La configuration des lieux ne nous permet pas de voir l’arrivée et se motiver n’est pas toujours chose facile.. Aujourd’hui je veux arriver, je veux en finir de marcher,  je suis épuisée. La chaleur ajoute une difficulté supplémentaire physiquement. Ça me semble interminable. Les nerfs lâchent au milieu de la montée du sommet, j’en ai assez, ça me demande trop d’effort… Le panorama est grandiose mais se mérite. Antoine me dit de penser à Mike Horn, il me dit que je ne suis qu’à 20 % de mes capacités, ce que m’aurait dit mon héros !! Oui et ben là,  Miiiiiikyyyyy et ses conseils, peuvent aller se faire voir!! Et je reste polie! Qu’on me foute la paix! Suis énervée,  crevée,  au bout de ma vie!!! Je continue en bougonnant dans mon coin, mon esprit s’est fermé,  je ne vois plus la beauté qui m’entoure, tout m’énerve,  Antoine y compris! Mais qu’est ce que je fous là?!!! Hein?!! Vous pouvez me le dire?! Punaise de punaise!!! Je vais finir cette étape, j’vais l’avoir ce col!! Chacun de mes pas est de plus en plus décidé, je tape du pied et du bâton! La colère peut être un moteur finalement, elle m’aide à avancer, je ne vais pas me laisser abattre!

Je me suis calmée quand nous arrivons au Chalet Pedro, on se pose à l’ombre et on maaaaaange!!! Oh oui et on se prend une glace au chalet et une boisson extra super mega fraîche!! Nous ne sommes qu’à 1,5 km de l’aire d’Iraty Cize, parfait!.

On s’installe sur la zone herbeuse au bord de l’eau à l’ombre et on se baigne!!… Il n’y a que ça à faire de toute façon,  tant le soleil cogne… On va attendre que cela devienne plus respirable pour continuer…

L’ambiance est un peu tendue entre nous, et ça ne nous arrive pas souvent… Antoine souhaite continuer, lui va bien et se sent en forme, de mon côté je suis un peu découragée. Mon corps supporte mieux les km avalés chaque jour, j’ai fait de réels progrès, mais là je suis juste fatiguée,  il n’y a pas d’autres mots… Mes pieds blindés d’ampoules me font atrocement souffrir, je ne compte plus les Compeed et autres pansements utilisés, mes épaules sont en feu, je suis à fleur de peau et mon asthme bien que mieux maîtrisé est épuisant et me prend une énergie certaine. Les efforts à fournir sont décuplés avec cette canicule. Nous ne savons plus si on continue ou pas et cette incertitude n’aide pas à y voir clair ni à nous apaiser l’un et l’autre… Une chose est sûre,  on ne va pas dormir là,  nous repartons donc à 18h. Les chalets d’Iraty que nous voulons atteindre nous demandent de marcher encore un peu, mais la météo pluvieuse et le ciel menaçant nous obligent à changer nos plans. Nous choisissons d’établir notre bivouac au bord d’un petit ruisseau donnant sur le lac de barrage. Le temps de nous baigner, que mon doudou me savonne les cheveux (enfin j’vais avoir le cheveux un peu soyeux!!) dans l’eau fraîche et de nous habiller, la pluie est là. 

Le repas est pris dans la tente ce soir! Nous sommes dans notre petit cocon! Je me suis faite à notre petite maison nomade, je m’y sens à l’abri, chez moi 🙂 « L’ humain s’adapte à tout » est une des phrases fétiches de mon doudou, et elle se vérifie ! Nous sommes loin de notre zone de confort,  loin de nos repères et pourtant nous nous sentons chez nous… On s’endort sereinement avec le son de l’eau qui s’écoule pour nous bercer…

JOUR 12
Lac d’Iraty- Logibar
21 km – 9 h – 533 D+ 1258 D-

7h15 décollage! Une journée chaude s’annonce, nous aimerions essayer de profiter de cette journée sans trop souffrir ! Il fait déjà chaud et pour changer nous commençons par une montée sportive dans la forêt d’Iraty jusqu’aux chalets. Je soupçonne les personnes mesurant les km du GR de fausser les résultats ! Nous n’avons eu que 2.5 km à faire pour rejoindre l’accueil des chalets et l’avitaillement en eau mais ça semble super vachement plus long quand on ne fait que grimper, ils n’auraient pas oublier quelques km au passage??!!
Il est 8h15, nous voilà installés au frais de la climatisation des chalets le temps de faire un point sur la situation… J’annonce à Antoine que je souhaite arrêter la marche, pour cet été… Nous pensions faire 15 jours, nous n’en n’aurons fait que 12 ou aurons quand même déjà fait 12 jours c’est selon… Il me demande de réfléchir,  est-ce que je ne vais pas regretter d’avoir écourté, regretter d’avoir abandonné… Je n’ai pas le sentiment d’abandonner, juste celui de m’écouter… Nous sommes un peu déçus forcément car ce que nous vivons depuis ces derniers jours est une merveilleuse expérience et cela va s’arrêter de façon un peu brutale, mais je sens que mon corps m’envoie des messages que je m’obstine à faire semblant de ne pas comprendre. Ce ne sont pas mes jambes qui elles ont bien compris que passer l’une devant l’autre était l’alternative la plus simple, mais mon souffle et mes pieds c’est autre chose… Je lutte depuis des jours, ma cuisse était déjà un premier signal, imaginez mon super body de sportive de « haut niveau » que vous connaissez maintenant (mon second degré aussi!) n’a rien dû comprendre à l’histoire !! Popopop!! Il a dû se dire, « hey ma grande tu m’as floué, il est où le confort 4 étoiles, le bord de piscine farniente et la position étoile de mer?!! » Alors on s’est entendu quelques temps, j’ai réussi à le raisonner et même à lui faire prendre du plaisir, mais là il me dit stop que je le veuille ou non… Et la canicule n’y est pas pour rien, elle complique les choses même ! Antoine comme moi souhaitons bien sûr que cela reste un bon souvenir, aussi nous décidons de parcourir la dernière vingtaine de km pour rejoindre Logibar puis de commencer à doucement regarder les options de retour…
8h45, nous prenons donc la route vers le Pic des Escaliers puis le chemin des crêtes ! J’appréhende cette montée que nous avons faite en partie lors d’une de nos précédentes randos et qui m’avait marqué par sa raideur. Nous y sommes. Contre toute attente, nous passons ce pic plutôt facilement, avec de l’entraînement finalement ça aide! Et nous parvenons  aux premières crêtes. Nous devrions vite entamer la descente,  selon le topo guide, vers 15h30 on devrait arriver à destination, pause repas incluse! Ces derniers temps on explose les temps topo, nous sommes donc confiants! D’autant que les premières descentes sont plutôt agréables et le paysage est à couper le souffle, ce qui aide à avancer!

Le panorama sur une mer de montagne au loin nous enchante, des pics bien acérés laissent présager de prochaines étapes riches en émotion et en sport pour l’été prochain si nous le pouvons! Le vol des oiseaux si proches attirent notre attention, les abeilles butinent, les scarabées randonnent comme nous, le soleil brille, on est seul au monde… Les 3 premières heures, nous sommes sous le charme des lieux, nous ne savons plus où regarder tant c’est grandiose même si la chaleur se fait tout de même de plus en plus écrasante… Après des crêtes nous évoluons à présent à flanc de montagne, dans les fougères, ronces et autres feuillages. Le chemin devient de plus en plus étroit, il nous demande une attention de chaque instant. Il n’ y a pas d’ombre, ou si peu, avec un arbre de ci de là sous lequel s’abriter de la chaleur et poser un peu nos sacs… Nous buvons mais devons nous restreindre,  la situation devient quelque peu pénible,  et une nouvelle crise d’asthme se déclare… J’ai vraiment l’impression que je vais y rester parfois!! En chemin heureusement quelques abreuvoirs et robinets, ce qui ne va pas toujours de paire!! En l’occurrence, on est bien content de pouvoir se rafraîchir un peu même si l’effet est de courte durée vu la chaleur. Nous voilà,  un peu plus bas, toujours à flanc, à trouver refuge le temps de manger sous un arbre.

Nous serions bien resté là mais les heures tournent et nous avons envie d’arriver! Il est quasi 15h, il nous en reste encore quelques unes avant d’arriver, ce n’est pas cette fois que nous allons laminer le temps topo, c’est plutôt lui qui s’est imposé, vainqueur par K.O! Et des orages sont annoncés ce soir, il s’agirait de ne pas se faire coincer. Après les ronces, ce sont maintenant des pierriers intraitables avec nos pieds torturés… Antoine continue à avancer tel Indiana Jones, il prend son mal en patience,  pendant que je m’énerve ! Ça vous étonne?! « Est ce que tu peux changer quelque chose à la situation?, la réponse est non alors autant essayer de prendre le bon côté de la chose, râler ne te fera pas avancer plus vite  » me dit mon doudou.. et Miiiikyyy dirait que c’est une perte d’énergie! Oui, oui, et triple oui, je SAIS!!! Il n’empêche mes mollets sont maintenant passés rouge vif, en plus de me piquer, ça me brûle terriblement avec la sueur, une belle réaction allergique aux herbes qui chatouillent les jambes depuis des heures!!
Le thermomètre annonce 39 degrés !! 39!! Je sature, je subi cette marche! Pas moyen de couper, de rentrer, il nous faut avancer sur ce sentier qui ne semble pas très emprunté! Preuve en est notre égarement un peu plus tôt au cœur de la forêt d’Iraty où nous sommes passés à côté d’un des sigles GR. Entre le manque de trace humaine au sol et la logique somme toute propre à chaque bénévole qui marque le sentier, celui qui a fait ce tronçon ne doit pas en avoir beaucoup ou est un sacré farceur!!  C’est juste une perte d’une trentaine de minutes précieuses aux vues de la longueur de la rando que nous a fait perdre ce manque de marquage!!!


Bref, après 9 heures de marche, des larmes, des genoux en vrac, la tête qui fait boum boum, un dos en compote, nous arrivons à Logibar! On ne ressemble plus à rien, on pue, on est collant, rougi par le soleil, mais on s’en fout, on a dépassé ce stade! On a soif et on a très faim!! Crêpe choco chantilly s’vous plaît mademoiselle, avec un grand verre de menthe à l’eau et un coca rondelle citron bien frais!! Le bonheur d’être enfin arrivé!

On retrouve sur place Gaïtane et Guillaume arrivés quelques minutes plus tard mais jamais croisés pendant ce jour sans fin et un jeune couple de randonneurs dans le même état que nous tous! La canicule nous a achevé!
Cette rando était épuisante, la plus longue et difficile que nous ayons faites en 12 jours. Nous sommes finalement contents d’arrêter car bien conscients que c’est le meilleur choix vu les circonstances météorologiques.
Nous ne pensons maintenant qu’à une chose nous rafraîchir et établir notre campement pour la nuit. Le gérant du restaurant nous informe que nous pouvons nous installer à l’arrière sur le parking qui passé 19h est bien vidé du flot de touristes de la journée… Ah ben super, allons voir… Là où il avait raison c’est que c’est bien un parking, là où l’on se dit qu’il n’a jamais dû bivouaquer c’est que c’est totalement inconfortable, inhospitalier et impensable pour la nuit au milieu des voitures, pots d’échappement et des gravillons… Nous décidons de nous laver dans la rivière à l’entrée de la passerelle d’Holzarté que nous n’aurons pas faite cette année, histoire d’être présentables pour faire du stop. La température de l’eau nous saisit, c’est la douche la plus fraîche que nous ayons eu du périple mais la couleur de l’eau est magnifique, il n’y a personne et nous sommes habitués à présent! Ça raffermi les chairs!!


Propres et sentant à peu près l’humain civilisé,  on lève le pouce et au premier coup sommes pris par une dame adorable qui nous dépose à Licq au camping de la ville. Soit disant les propriétaires sont des gens très sympathiques et serviables. Chouette! Bon, dans les faits, on se retrouve dans un camping on ne peut plus simple, aux sanitaires qui réveillent en moi mon aversion pour ce genre de lieux, au milieu de tracteurs et autres véhicules et avec des proprios imbuvables partisans du moindres efforts, totalement antipathiques. Au moins le sol est régulier, et c’est calme… La tente est installée, nos affaires mises à sécher, et nous, sommes éreintés! Mes mollets sont lacérés, comme battus, ils ont changé de couleur. Mes pieds sont gonflés, boursoufflés. J’ai des difficultés à masser l’ensemble,  le moindre contact de tissu ou physique est douloureux.

La nuit, mes membres me lancent, mes mollets et mes pieds sont en feu. L’orage gronde, il est sur la montagne, là haut où nous étions,  heureusement que nous avons avancé ! Il arrive par ici à présent,  nous sommes proches de 2 arbres, nous sommes en pleine nuit, nous devrions peut-être bouger notre tente… La conscience est là,  chez Antoine aussi mais le poids de nos paupières et de nos corps fourbus est plus fort, nous sommes cloués au sol… Il n’y a plus qu’à espérer que la foudre tombe ailleurs…

Au réveil, nous apprenons avec plaisir que la sœur d’Antoine est à 45 minutes d’ici. Nous n’allons pas être obligé de faire du stop! Je ne me voyais pas en faire par 40 degrés, d’autant que je ne peux plus mettre mes chaussures, mes pieds ne rentrent plus dedans et marcher est un supplice! Elle, sa famille et nos loulous vont venir nous récupérer… Merci!! Je vais pouvoir serrer mes fistons dans les bras!! Heureuses retrouvailles à venir!!
Décidément, soit j’ai bien fait d’écouter mon corps qui manifestement n’en pouvait plus car je sentais le truc venir,  soit je me suis conditionnée sachant que nous arrêtions et tout s’est relâché d’un coup mais aurait peut-être pu suivre encore un peu… Nous ne le saurons jamais… Notre petit périple est terminé pour cette année…

Après avoir retrouvé nos amours, nous nous sommes octroyés un peu de rab, 3 jours en mode citadin à Bordeaux dans un hôtel tout confort! Waouh ça change!! Pour la peine nous avons dormi toute la première journée des heures durant tant nous avions besoin de récupérer !! Dehors, on s’essaye à la vie des gens de la ville, et nous avons la sensation de venir d’une autre planète ! Passer du calme absolu de la montagne, seul au monde, en autonomie à la rue Sainte Catherine en plein Covid est une expérience flippante!! Et toute cette agitation et ce bruit…


On mesure l’importance de ce retour à la nature …

Nous avons eu le privilège en voyageant à pied de goûter au bonheur d’avoir parcouru un territoire à la seule force de nos mollets, de nos petons et de notre détermination! Nous sommes partis chaque jour avec un objectif et avons découvert l’incroyable sensation d’apercevoir derrière soi chaque matin les lieux d’où nous sommes partis et chaque soir ceux où nous sommes parvenus… C’est magique! Chaque bivouac a été apprécié pleinement et la nuit venue les étoiles veillaient sur nous…
Nos marches ont été jour après jour l’occasion d’observer et d’apprécier cette nature intacte, les plantes,  les animaux… Les paysages tantôt humbles,  tantôt spectaculaires ont ravis nos yeux…
Nous avons été confrontés aux terrains, aux éléments, à la météo, à nous mêmes, il a fallu nous adapter, et faire preuve de force, mentale et physique… Surtout pour moi hein vous l’aurez compris!! Bon à mon doudou aussi pour me supporter! 😉
Notre sac est devenu notre meilleur ennemi et notre tente notre refuge…
Je suis fière de nous, fière de notre évolution… Moi qui peste lorsqu’il y a 50 mètres à faire pour chercher le pain, j’ai parcouru 150 km, 6851 m de dénivelé positif et 6459 m de dénivelé négatif! C’est qui Super Woman??!!  Warrior j’vous dit!! Bon j’ai râlé, pesté, maudit, juré, pleuré, insulté, eu peur, eu envie de m’arrêter au milieu de nulle part, crier stop, voulu appeler un hélico pour me récupérer illico presto, eu mal et craint de ne plus être capable d’avancer, subit mon sac et ses kilos, sué comme jamais, pué comme 1000 boucs, dû prendre sur moi, être patiente, mais j’ai aussi et surtout aimé… Aimé que l’on découvre à deux quotidiennement de nouveaux horizons, nous dépasser, respirer, sentir l’air pur sur nos peaux,  voir le soleil se lever et se coucher,  entendre les oiseaux chanter, admirer la palette des couleurs de la vie, avoir le monde juste pour nous, ouvrir la tente chaque matin et sentir la rosée, nous sentir privilégiés, nous sentir vivants, avoir cette sensation de découverte d’une nouvelle terre, préparer et manger nos lyo en amoureux ou avec des copains après avoir tout donné, nous poser éreintés dans notre petit cocon au milieu de nul part, l’eau gelée sur nos corps en récompense, être emmitouflé tous les deux dans nos duvets en mode chenille à rire comme deux grosses, voir les yeux de mon doudou briller, évoluer dans cet environnement sauvage…
Cette mini aventure nous a fait du bien, physiquement bien sûr mais mentalement surtout… Elle nous a rapproché des éléments, permis de revenir à l’essentiel comme lorsque nous étions en mer, de vivre au rythme du soleil, de vivre hors du temps et d’admirer le ciel…

Le retour à la vie normale va se faire doucement, nous avons encore la tête pleines d’images magnifiques…
Nous n’avons qu’une hâte, poursuivre… Ici, ailleurs, là-bas, aujourd’hui, demain, maintenant, plus tard, mais ensemble toujours…

Le poids, le coût et le retour technique de notre GR, on en parle ? :)

Décider de faire le GR10 était la première étape! Yessss!!!

Pour ceux qui n’auraient pas suivi, on vous invite à découvrir le projet : https://cataja.me/2019/05/17/le-backpack-ja/

Deuxième étape : l’achat du matériel, en fonction de son poids et de son coût. L’ensemble allant de paire forcément!

Mais par où commencer? Nous sommes novices, alors avec quoi part-on en randonnée? 🙂

Ça nous rappelle il y a 8 ans lorsque nous avons acheté notre catamaran Cataja et son équipement! Nous n’y connaissions rien mais nous étions excités comme des puces par la découverte de ce nouvel environnement! Alors là, sous une forme différente on remet ça et ce n’est pas pour nous déplaire!! Mais là encore, nous n’y connaissons rien, nous sommes un peu perdus! Avant il fallait que le bateau soit équipé grand voyage… Maintenant il faut que notre sac soit équipé pour notre trip en autonomie! Ça veut dire quoi, nous n’en avons encore aucune idée mais il va nous falloir trouver pour réaliser dans les meilleures conditions et dans les délais notre petite aventure! 😉

Nous partons d’à peu près zéro puisqu’à part une paire de basket et un petit sac à dos pour nos mini marches, nous n’avons rien d’autres et nos connaissances en la matière s’arrêtent là!

Nous avons donc commencer à flâner dans les rayons randonnées, à découvrir la multitude de choix qui s’offre au randonneur, à demander conseil, à comparer, à s’imaginer en situation, puis j’ai passé la dernière année à consulter les blogs, forums et autres sites e-commerces pour trouver notre bonheur! Le petit article qui va bien pour ceux qui souhaitent revenir en arrière : https://cataja.me/2020/07/24/gr-10-j-5/

Les dépenses se sont étalées sur l’année, et heureusement car aux vues du coût final, c’est juste hallucinant! Comme tout sport, dès que l’on souhaite du technique ça n’est pas donné et nous l’avons vérifié! Après il est vrai que nous avons souhaité investir dans du matériel de bonne qualité, pour du long terme avec un minimum de poids, ceci justifiant aussi le coût!

Le dernier article concernant notre périple de 12 jours est à venir, mais nous pouvons déjà vous dire que nous ne regrettons pas les achats effectués! Tout nous a été utile hormis les cartes IGN car le topoguide est amplement suffisant sur ce tronçon du GR10 bien balisé et la gamelle repas qui est finalement restée dans la voiture car nous n’avons prévu que du lyophilisé à manger dans le paquet directement.

Si je devais changer une chose ça serait mon sac à dos (Altiplano Lafuma 45). A l’usage, j’aime ses poches latérales pour y mettre les bouteilles d’eau à l’abri des chutes et de la chaleur, sa protection pluie intégrée et sa contenance, suffisante pour notre programme mais j’aime moins sa ceinture ventrale trop fine à mon sens pour être serrée correctement pour supporter le poids sur les hanches sans comprimer trop le ventre. Une ouverture sur le dessus aurait été la bienvenue pour accéder plus simplement aux affaires. Le sac d’Antoine (Vaude asymetric 42+8) est quant à lui parfait pour la rando. Grande contenance, multiples poches de rangements, ouverture ventrale, et bon système d’accroche.

Notre tente (Big Agnès C Bar 3 places) est légère (2.1 kg) et très simple à monter. Spacieuse en 3 places, elle nous a permis de ranger nos sacs à côté de nous, son auvent de garder les chaussures à l’abri de la pluie, ses poches intérieures de ranger nos effets et sa hauteur de rester assis dans la tente. Parfaite!

Nos matelas sont confortables, nous n’avons pas eu un seul mal de dos dû au couchage. Petite préférence toutefois pour mon matelas (Tensor Nemo) vendu avec un sac de gonflage ultra pratique à l’usage, par rapport à celui d’Antoine (Big Agnès Air Core Ultra) en gonflage classique par la bouche qui lui garde du coup l’humidité enfermée et risque la moisissure à terme.

Nos duvets (Robens Glacier) se sont avérés suffisamment chauds et respirants pour la saison. Nos petits oreillers (Forclaz) sont confortables à souhait et permettent de passer une bonne nuit! Le drap de soie est un bon complément de chaleur les nuits fraîches et suffisant les nuits chaudes pour ne pas avoir à dormir dans le sac de couchage.

Les bâtons (Mc Kinley Migra 03) sont solides, plutôt légers, avec poignées en liège très confortables et absorbantes, appréciables quand on transpire. Si nous n’étions pas convaincus au départ de l’utilité des bâtons, nous ne ferions plus sans aujourd’hui tant ça soulage les articulations et aide à la grimpette et aux descentes!

Le chargeur solaire (Powerbank 26800) nous a permis de recharger sans problème plusieurs fois nos téléphones. Il est à noter toutefois que le chargement se fait « réellement » par branchement électrique sur une nuit, c’est long et ensuite nous ne sommes pas convaincus que cela se recharge vraiment au soleil, ça doit juste maintenir la batterie…

Le réchaud (Minimo Jetboil) est juste top et hyper rapide, moins de 2 minutes pour 1 litre d’eau. Largement suffisant pour faire 2 lyophilisés et un thé à chaque repas.

La gourde filtrante (Humagreen) a rempli sa fonction et nous a permis de boire l’eau des cours d’eau sans être malade et sans utiliser de pastilles désinfectantes. Une fois vide elle se plie et se range facilement! Nos deux mignonnes petites tasses ultra légères (Wildo) nous ont été bien utiles. Compactes et rétractables, elles se rangent facilement et ont une capacité de 250 ml quand même! Nos couverts (Sea to summit) sont solides, le couteau fait son job, l’ensemble est accroché sur un petit mousqueton bien pratique.

Côté hygiène et habillement, notre choix de serviette (Sea to summit Airlite) s’est avéré judicieux! Chacune ne pèse que 70 grammes, plus légère tu meurs! Bon on ne se sèche qu’une fois avec, après on la met à sécher et on recommence!

Les chaussures Merrell sont agréables à porter, autant que puisse l’être une chaussure de rando, que ce soit en version haute ou basse. Bon maintien et pied au sec. Quelques glissades par temps humides sur la roche pour ma part.

Côté vêtement, nous avons opté pour la marque Mc kinley d’Intersport pour la majorité, et cela était très bien. Nos tee shirts eux viennent d’Icebreaker et sont en laine mérinos. La laine évite les odeurs de sudation et évacue très bien l’humidité. C’est un bon choix! Attention quand même j’ai fait des réactions épidermiques au contact du tissu sur ma peau par forte chaleur.

Les ponchos sont de Decathlon, ils ont fait le boulot les jours de pluie. En les achetant je savais qu’ils ne tiendraient pas dans la durée sous l’eau, leur indice d’imperméabilité étant trop faible mais j’ai misé sur le fait que nous n’aurions pas trop de pluie! A l’avenir on investira certainement dans un modèle plus imperméable. Par contre on gardera cette longueur, ça permet de de protéger le sac également.

Pour finir, trois éléments ont pour nous été un vrai plus!

Le chapeau!! Simple, basic et moche ça c’est certain, notre chapeau Décathlon est juste ultra nécessaire! Les bords sont bien larges et permettent de ne pas avoir le soleil ni dans le visage ni sur la nuque, protection maximale donc! Avec lui, nous n’avons pas porter nos lunettes de soleil une seule fois tant on est bien abrité!

Deuxième éléments : le buff! Le nôtre vient de Chullanka, mais on en trouve dans n’importe quel magasin de sport. Pour ceux qui ne connaissent pas, il s’agit d’un tour de cou qui peut servir à différents usages : cagoule, foulard, chouchou, tour de poignet… A avoir tout près de soi et à porter en toutes circonstances!

3ème éléments : les tongs pour l’après rando! Nous en avons pris des toutes simples, les plus légères trouvées en supermarché! Il est certain que l’on ne pourrait pas randonner avec mais au moins chaque soir nos petons étaient bien relax et à l’air libre!

Voilà pour le p’tit récap! Pour le détail, on vous invite à découvrir la liste de notre matériel et son coût ainsi que la liste du matériel et le poids contenu dans nos sacs.

Nos sacs ont été constitué avec l’aide de plusieurs articles/blogs trouvés sur internet en farfouillant. J’ai ensuite adapté selon ce qui semblait important ou nécessaire à nos yeux. Il y en a pour toutes les bourses lorsque l’on achète son matériel, mais si cela peut aujourd’hui vous aider comme d’autres nous ont aidé et vous donner un point de départ…

Et pour plus de renseignements, pour papoter, pour échanger ou pourquoi pas nous rencontrer, n’hésitez pas à nous joindre par mail à eurielleg@yahoo.fr ou via facebook sur L’odyssée des Ja! Et abonnez vous pour la suite, au blog, à facebook, à l’un ou l’autre ou les deux, c’est encore mieux! haha!!!! 🙂

A bientôt!!! 😉

MATERIEL GR10
LES PORTEURS EURIELLE  ANTOINE 
 
 QuantitéPoidsQuantitéPoids
LA MARCHE ET LE DODO    
Tente   12150
Sac1128011340
Matelas gonflant13701621
Duvet19951995
Oreiller gonflable11701170
Drap de soie11101110
Baton25202520
Frontale156156
Chargeur solaire  1545
Boussole128  
Carte IGN3210  
Topo guide  196
Couverture survie  154
Stick lumineux détresse  122
Podomètre130  
Sifflet124  
Protection pluie sac182  
     
LA POPOTTE    
Réchaud1604  
Tasse122122
Couvert322322
Assiette174174
Recharge gaz2182  
Gourde filtrante  1292
Couteau Beuchat  192
Sac poubelle pour 15 jours 116  
     
LA GARDE ROBE    
Chaussures19801928
Veste13301330
Polaire12101250
2eme couche13501350
Pantalon12701330
Short11101110
Tee-shirts (2 techniques et 1 de nuit)32963360
Maillot de bain178176
Caleçons (1 sur lui + 1)  2114
Culottes (1 sur moi + 1)246  
Brassiere128  
Poncho13401340
Chaussettes (1 sur nous + 1)270294
Buff132132
Chapeau168168
Tong11321148
Banane1108  
     
BEAUTE GLAMOUR / SANTE    
Serviette ultra légère170170
Savon multi-usage1122  
Crème solaire  162
Anti moustique  144
Micropur 6  
Mousse à raser114  
Rasoir220  
Brosse à dent – Dentifrice138138
Baume du tigre158  
Elastoplast 6 cm  160
Compeed spécial ampoule  146
Baume corps154  
Pot creme visage116  
Trucs de fille 16  
PQ158  
Tire tique11  
Peigne18  
Miroir146  
Mouchoir128246
Crème pied NOK  188
Eau micellaire160  
Stick lèvres112  
Médicaments divers1168  
Ventoline254  
Epingle à nourrice30  
HE menthe + tea tree antiseptique268  
     
ELECTRONIQUE / DIVERS    
Iphone SE  1156
Samsung Note 101172  
Chargeur +  cable268  
Sac étanche pour papier134  
Carte identité-CB-Carte vitale-Cash120  
Cahier écriture et stylo1104  
Lunette de soleil134130
     
NOURRITURE AUTONOMIE    
Eau2300023000
Lyophilisés   2000
     
     
TOTAL en grammesElle12700Lui17000

TICKET DÉTAIL MATÉRIEL GR10

LA MARCHE ET LE DODOPRIX/SITE D’ACHAT
Tente CBAR 3 places BIG AGNES265.00
Sac VAUDE ASYMETRIC 42+8150.00
Sac ALTIPLANO LAFUMA 45130.00
Duvet ROBENS GLACIER 184.99 x 2
Matelas AIR CORE ULTRA BIG AGNES69.26 chez http://www.alpiniste.fr
Matelas TENSOR NEMO125.00 http://www.arklight-design.com
Oreiller de trekking FORCLAZ15.00 x 2
Drap de soie35.00 x 2
Bâton MC KINLEY MIGRA 0329.99 x 2 chez intersport
Chargeur solaire POWERBANK 2680042.99 chez http://www.amazon.fr
Podomètre NAKOSITE12.99 chez http://www.amazon.fr
Boussole SUUNTO A3020.44 chez http://www.amazon.fr
Topo Guide Pyréenées Occidentales15.90 chez http://www.amazon.fr
Carte IGN12.80 x 3
Lampe frontale ZIPKA29.99 chez http://www.chullanka.fr
LA POPOTTEPRIX PRIX/SITE D’ACHAT
Réchaud MINIMO JETBOIL134.90 chez http://www.be-wak.fr
Tasse WILDO FOLD A CUP3.90 x 2 chez http://www.campz.fr
Couvert SEA TO SUMMIT DELTA SET7.99 x 2 chez http://www.campz.fr
Assiette XBOWL pliant10.49 x 2 chez http://www.challanka.fr
3 Recharges gaz JETPOWER4.80 x 3 chez http://www.be-wak.fr
Gourde filtrante 1 litre HUMAGREEN44.90 chez http://www.humagreen.fr
LA GARDE ROBEPRIX/SITE D’ACHAT
Chaussure MERRELL Moab 2.0 Mid Gtx149.99 chez Go sport
Chaussure BROOKS Cascadia 1497.99 chez Intersport
Veste Mc Kinley Seco74.99 x 2 chez Intersport
Polaire ICEPEAK34.00 x 2 chez Intersport
2ème couche Mc Kinley39.99 x 2 chez Intersport
Pantalon Mc Kinley69.00 chez Intersport
Pantalon Salomon70.00 chez Intersport
Short Mc Kinley Baboo11.99 x 2 chez Intersport
Tee shirt Tech lite Merinos ICEBREAKER48.96 chez http://www.icebreaker.com
Tee shirt Cool lite sphere Merinos48.96 x 2 chez http://www.icebreaker.com
Chaussettes BV SPORT Double6.95 x 4 chez http://www.bvsport.com
Chapeau TREK 500 Anti UV FORCLAZ10.00 x 2 chez Décathlon
Buff20.00 x 2 chez Chullanka
Poncho ARPENAZ 40L FORCLAZ20.00 chez Decathlon
Banane EGOGO14.99 chez http://www.amazon.fr
BEAUTE/GLAMOUR/SANTEPRIX/SITE D’ACHAT
Serviette Ultra légère SEA TO SUMMIT AIRLITE17.49 X 2 chez http://www.trekkin.com
Savon multi usage6.00 chez Intersport
NOURRITUREPRIX/SITE D’ACHAT
Avitaillement lyophilisés390.00 chez http://www.lyophilise.fr
Barre céréale – Fruits secs50.00 supermarché
  
TOTAL2948.00 euros étalé sur 1 an

Officiellement GRdistes! 4ème au 6ème jour…

JOUR 4
Sare – Col des 3 croix
18 km – 6 heures – 462 D+ 102 D-
Il n’y a pas eu d’ours certes, mais on a entendu ronfler, toute la nuit! Vive les voisins et la promiscuité! Je ne sais pas si finalement je ne préfère pas la crainte de l’ours mais pouvoir dormir dans un petit coin juste pour nous!! 😉
Nous avons mis le réveil pour 6h45, pour ne pas décoller trop tard. Malgré cela, on part, il est 8h15… Décidément on a beau s’organiser, on a du mal à faire mieux en timing! 😉
Nous croisons avant le départ Jeremy et Magalie, jeune couple aussi fraîchement randonneurs que nous, sur le GR10 pour encore plusieurs jours. Il y a de forte chance que l’on se recroise, ils semblent prendre leur temps eux aussi!
La rando du jour s’annonce « tranquille » pour la première partie, 12 km en direction du village d’Ainhoa.
Ça nous va bien! D’autant que le chemin traverse des sous bois assez vite… La chaleur aidant, le ruisseau qui longe notre itinéraire nous fait de l’œil… Mouiller les chapeaux, boire à notre guise l’eau, tiens elle est fraîche mais c’est tentant!! « J’me ploufe » me lance mon doudou… Hein?! Là,  comme ça, au milieu du chemin?? » Tu viens? » Hein, euh, olala va falloir tout se remettre sur le dos ensuite, essuyer nos pieds, remettre les chaussures… Flemme… Mais quand même… Voilà doudou qui se dandine dans l’eau à faire des « ouhhhhh et des ahhhhhh, ouillllllle c’est froid, brrrrr »… Bon OK allez j’te rejoins!!! Tout nus dans l’eau gelée,  personne à l’horizon… yessssss!!!! On est frigorifié mais que c’est bon!! Le kifffffff intégral!! Je ne veux plus bouger de là !!! Le bonheur tient en peu de chose 😉 Il est temps de se rhabiller, retourner au chaud… Nos corps ont accumulé un peu de frais, ça durera le temps que ça durera, dans tous les cas on béni ce ruisseau!! 🙂

La suite de la rando n’est certes pas aussi pentue que ce que nous avons eu jusqu’à présent, mais contrairement à ce que laissait présager le topo guide, ce n’est pas plat non plus. Quelques montées sont bien raides, sinon ce ne serait pas drôle!!

Nous finissons par arriver à Ainhoa, se poser à une terrasse est un vrai plaisir, on se détend,  on reprend des forces.

Nous allons en avoir besoin pour la suite de la journée! Déjà heureux d’avoir enquiller les 12 km, et d’avoir fait en une matinée ce que nous avions fait au maximum pendant notre petite préparation, il nous reste à rejoindre le Col des 3 croix… Et la première étape consiste à monter à la chapelle de l’Aubépine qui surplombe Ainhoa. 2,2 km sur 380 m de D+ en 30 minutes environ, mais alors quelles minutes!! Ça grimpe raide bien comme il faut… Un vrai chemin de calvaire! Arrivés en haut, nous sommes à essorer!! Il fait lourd, Antoine s’est affalé par terre, je dégomme la bouteille d’eau et reprend mon souffle…

On hésite un instant à poser la tente là,  mais on sait qu’on peut le faire. On peut avancer encore un peu. Le ciel se couvre,  la brume gagne du terrain, la fraîcheur arrive, mais on peut peut-être passer et rester en avance sur les nuages… On croise de jeunes randonneurs en sens inverse, eux vont justement bivouaquer à côté de la chapelle de là où l’on vient… Allez, on avance… C’est de plus en plus gris…Antoine souffre de douleurs au mollet, les ampoules poussent comme des champignons sur mes pieds… C’est un comble, Antoine qui avait mal dans ses chaussures lors de nos randos de préparation et pour lequel on s’inquiétait se retrouve à gambader comme un cabri ou presque et moi qui n’avais rien et me sentais comme dans des chaussons me retrouve avec tout un tas d’ampoules que j’essaie de gérer comme je peux ! Je reste perplexe face à l’efficacité de la crème Nok avec laquelle nous avons préparé nos pieds…
Le Col des 3 croix!!! A force de grimper et d’avancer, on a fini par y arriver! Yesss enfin!! Nous ne sommes plus très loin maintenant de notre lieu de bivouac… Courage, il nous reste 1,5 km environ… Le paysage est superbe et très changeant, nous en prenons pleins les yeux…

Le vert des montagnes est vif et contraste avec la brume présente aux alentours… Dernier tournant, on aperçoit Jeremy et Magalie!! Hehe, ola!!! Nous voilà !! Ils viennent juste d’arriver aussi! On est raccord côté timing apparemment ! Antoine et moi sommes super fiers de nous, nous venons de faire notre première rando de 18 km!!! Nous n’avons jamais marché autant! Waouh!!! On y arrive finalement,  doucement mais sûrement… Le ciel est menaçant,  la pluie ne semble plus très loin. Après un premier essai de bivouac face à une vue d’enfer, nous optons finalement pour le bivouac de Gainekoborda indiqué par un marcheur, plus abrité en cas d’orage.

La vue n’est plus la même,  le lieu est un peu encastré mais a son charme, surtout en cas de besoin il y a une cabane dans laquelle nous pouvons nous replier et summum du summum, nous avons un accès à l’eau en illimité !! A nous à nouveau la douche gelée grâce au remplissage de bouteille!! Bonheur intégral!!! Quel luxe!!! Antoine se moque de moi qui il y a quelques temps encore n’aurait même pas mis un demi orteil dans un lieu si « nature », sans rechigner loin du confort hôtelier!!! Il me demande si ce n’est pas la meilleure douche du monde?!!! Sans aucun doute doudou ouiiii!!!! J’avoue! Il fait frais, il y a des bébêtes tout autour, les bois nous entourent, des cacas de brebis , mais quel bien-être!! On est vidé de notre journée,  tellement bien, ici, ensemble, simplement… Cette rando est dure, chaque jour elle nous demande de nous dépasser,  de prendre sur nous, d’avancer, d’aller plus loin, nos sacs nous font souffrir, encore, toujours mais quelle satisfaction personnelle chaque soir! Un retour à l’essentiel… Et un sentiment de plénitude… Nous avons si peu avec nous, mais n’avons finalement pas besoin de plus…
Nous ne sommes pas seuls à profiter de ces instants privilégiés ce soir… Un saucisson, des tomates, des fruits secs à mettre en commun.. Chacun partage son trésor et Apéro time!! L’occasion de faire connaissance autour d’un poker improvisé… On mise gros!! Noisettes,  amandes ou noix de cajou, la pression est maximale, l’enjeu est grand!! 🙂

C’est courbaturé de partout que nous rejoignons chacun nos demeures de luxe… La pluie arrive, peu importe nous sommes à l’abri pour bouquiner tranquillement… Petit moment de chaleur et de bonheur, encore un… Je n’ai envie d’être nulle part ailleurs qu’ici …
Nous verrons demain le programme… De la pluie est annoncée encore,  on ne va pas mettre d’alarme, on verra au moment du réveil si on bouge ou pas…

JOUR 5
Col des trois croix – Bidarray
18 km – 5 h 30 – 750 D+ 280 D-Le sommeil n’a pas été des plus profond… J’ai scruté les sons une bonne partie de la nuit, entendu des bêtes,  ne me demandez pas lesquelles, je ne veux pas savoir!! 🙂 J’ai cru entendre du tonnerre qui n’était en fait que le bruissement du matelas de nos copains de rando!! Ce matelas est un alien! Il émet des bruits étranges à chaque mouvement, et nos voisins bougeaient beaucoup, trop… hihi :)))La météo ne s’est pas améliorée,  nous sommes dans la brume, sous la pluie. Notre application capte un léger réseau et nous annonce ce temps jusqu’à 15h au moins… Bouger or not bouger, telle est la question! Concertation avec le voisinage… On attend un peu… Profitons-en pour bouquiner encore un peu au chaud et prolonger la nuit…
11h… Nous nous sommes tous motivés… Ça n’a pas l’air de vouloir se lever… On plie les tentes… On est tous arnachés pour affronter la pluie…

Ça peut être marrant de marcher dans la gadoue! Bon, marrant pendant un certain temps en fait… Force est de constater que nos ponchos ne sont pas totalement imperméables …

Au bout d’1h30 de marche, je commence à avoir froid.. Nous arrivons à la ferme Esteben, un abri bienvenu! Ici pas de chichi, pour le menu c’est affiché au mur,  à la carte pour les uns le menu du randonneur constitué de soupe, saucisses, omelette au fromage et lard, pour les autres œuf, jambon de pays et frites! Le tout bien riche !! J’ai l’image des Bronzés font du ski dans leur refuge devant la spécialité maison qui me traverse l’esprit…A la différence que pour nous c’était bien bon quand même! Même pas gras… En même temps c’est qu’on avait bien besoin de reprendre de l’énergie! A conseiller tout de même après une bonne marche et 20 degrés maximum hein, pas en plein caniard, sinon vous risquez de ne pas pouvoir repartir! 😉

15h… Le ciel s’éclaircit légèrement,  on saute sur l’occasion pour reprendre la route! Nous ne sommes pas les seuls… On rate notre chemin, nous en rendons compte à temps heureusement… Enfin en même temps si mon doudou m’avait écouté,  nous aurions eu bon… j’dis ça,  j’dis rien..  D’ailleurs ça a valu à deux randonneuses de se planter aussi, puisqu’elles nous ont suivi! Hihi… Plus on est de fous, plus on rit… Nous les retrouvons plus loin en chemin puisque ce soir nous passons la nuit dans le même gîte qu’elles. La météo étant capricieuse et ayant une grosse journée demain, nous avons opté pour la solution permettant de rester au sec… Bon avant d’y arriver, nous avons eu le temps d’admirer le paysage. Il est tellement varié et changeant! On savait que le pays basque était joli mais nous ne pensions pas avoir une telle diversité en si peu de temps… Et là où le paysage est très beau en voiture, à pied nous le découvrons encore plus en profondeur. Notre itinéraire ne nous fait que très rarement passer par des routes, à nous les chemins de traverse et cela en vaut la peine!

Pour autant,  nous sommes en fin de journée,  nos pieds et nos jambes n’en peuvent plus… Ça descend pas mal et ça fait mal! Nous sommes 6 à présent à randonner ensemble, à rire, discuter et à partager nos bobos, 6 dans le même état de fatigue… On a l’impression que ça n’en finira jamais…

19h, la responsable du gîte nous appelle pour savoir où nous en sommes. Elle nous attend, l’arrivée est censée se faire entre 17h30 et 19h, nous sommes en retard… Oui, et bien il nous reste 2.2 km par le passage des contrebandiers à faire… On est en retard on est désolé pour elle, mais on fait de notre mieux et surtout vu la météo de la journée ce n’était pas évident… D’autres randonneurs lui ont dit pareil me dit-elle… Antoine et moi n’aimons pas cette pression, voilà une des raisons pour laquelle nous préférons être dans notre tente, arriver et s’arrêter quand bon nous semble…
19h40, nous arrivons enfin au gîte ! Plus de jambe, démarche de canard… On récupère la clé de notre chambre, on a de la chance, on a une chambre pour nous, pas de dortoir,  pas de partage! C’est déjà ça… J’ai toujours mon aversion pour ce genre de logement… Souvenez vous les punaises de lit, l’idée de dormir en mode bannette chaude, de partager les sanitaires… Bon et bien nous y sommes… Notre chambre est de la taille d’un cagibi au mur bleu ciel, 2 petite étagères, plafond haut, sobre, pas de fioriture, juste de quoi poser nos effets… En l’espace de 5 minutes l’odeur de nos sacs, de nos affaires et de nous mêmes embaume toute la pièce,  ça pue le fromage!! Au secours c’est une infection, comment on fait pour puer autant j’me l’demande!! 🙂

J’avoue la douche chaude fait un bien fou, détend nos muscles et nos articulations… Et alors se glisser dans des vêtements propres fraîchement lavés et séchés grâce au super méga top lave linge et sèche linge mis à disposition gratuitement par le gîte est un kiff total!!!
La soirée se passe autour de la table, dans la salle principale à côté de la cuisine, au chaud, avec tous les copains randonneurs, jeunes et moins jeunes…Bas les masques, partage de lyophilisés, barre de céréales et chocolat pour les uns, élaboration de mets culinaires improvisés avec ce que leur sac contient pour les autres… Haut les cœurs!!! Le tout dans un joyeux brouhara! J’avoue, nous avons passé un très bon moment entouré de toutes ces personnes vivant la même expérience au même moment que nous… Un vrai partage, des rires, des sourires, des regards, de vrais échanges, que nous n’aurions pas connu si nous étions restez uniquement en tente… 😉
Il est temps de rejoindre notre lit, le repos est bien mérité, nous sommes zen, repus et heureux…

JOUR 6
Bidarray – Col d’Harrieta
8 km – 6h30 – 1000 D+ 200 D-

7h30, on émerge tranquillement, Jeremy et Magalie partent avant nous, on se retrouvera pour le bivouac.  Nous avons nos nouveaux lyophilisés à récupérer au centre du village où nous les avions laissé. On en profite pour prendre un bon petit-déjeuner.  On ouvre le carton comme des gamins ouvrant un cadeau de Noël ! On ne sait plus ce qu’il y a dedans, on découvre émerveillé! Enfin plus ou moins car on a réalisé la veille qu’un avitaillement juste avant une montée avec un dénivelé positif de 1000 mètres c’était peut-être pas la meilleure idée quand on aimerait justement être chargé le moins possible! A noter pour notre future organisation de la suite du GR! 😉
Donc nous voilà chargé du surplus, enfin surtout Antoine, il est 10h, le ciel s’est dégagé,  cela semble optimal!
Ça commence fort, la montée est bien raide. Au pays basque nous avons remarqué qu’ils ne s’enquiquinent pas avec des virages ou avec du plat, non! Ça y va tout schuss! C’est de la montagne, ca grimpe sévère,  ça glisse, ça dérape, c est pas grave, hop ils n’auront qu’à aller tout droit les randonneurs !! En montée comme en descente d’ailleurs! On sue à grosses, très grosses gouttes!! J’ai hésité à prendre une douche avant de partir, puis me suis ravisée… Il est illusoire de penser qu’on ne va pas puer et que l’on va rester un semblant propre!! 🙂

Le dénivelé est costaud cette fois, vraiment, et le pic d’Iparla se fait attendre. Nous arrivons enfin sur un plateau, le col Pagaléopa, on peut souffler! On en prend plein la vue, déjà.  A 360 degrés! Les montagnes sont grandioses,  ça y est là on réalise! On observe le vol des rapaces, les troupeaux de moutons,  la nature, le calme, le vent, on fait partie des éléments…

On pense être arrivé au Pic mais comme toujours ici, ce n’est qu’une fausse idée ! C’est toujours plus loin, et nous allons vite le comprendre à la vue du câble servant de main courante à laquelle nous accrocher si on tient à la vie! Et on tient à la vie!!! Le câble doit s’étendre sur une dizaine de mètres à peine pour un passage périlleux où vous avez la place de mettre vos pieds, le flanc du piton rocheux d’un côté et le vide de l’autre… Concentration maximale! Antoine me devance, je sais qu’il jauge au passage les lieux, il connaît mon vertige et sait ce que cela représente pour moi d’être là. Le vertige a ce côté pervers qui vous fait vous sentir comme aspiré par le vide qui me semble ici abyssal… J’avance prudemment,  je respire, ne pas regarder en bas, ne pas regarder derrière.  Les pieds, regarde juste où tu poses tes pieds et regarde devant toi. Je me parle, il me faut garder l’esprit clair, mes mains sont moites, voir trempées même… Je regarde Antoine qui m’attend et se ravance vers moi pour me tendre sa main… Bizarrement mon sac ne me fait plus mal, je ne le sens plus, c’est la première fois… Comme quoi le corps connaît ses priorités,  et là d’un coup le sac se fait oublier, concentré sur quelque chose de beaucoup plus important que le centrage sur ma petite personne et mes petits bobos qui semblent bien dérisoires vu la situation! Le topo guide ne parle pas de cette main courante, et le monsieur du restau où nous avons pris le petit dej ce matin m’a bien dit qu’il n’y avait pas de difficulté majeure pour ce pic!!!! Il se fout de moi!??? Hein!! Il veut que je lui dise ma façon de penser là, tout de suite, maintenant?!! Ce pic se mérite, plus ça avance et plus ça grimpe, et quand je pense en avoir fini avec mon parcours Koh Lanta, un nouveau passage compliqué sur de la roche se présente… Trop… C’en est trop, une crise d’asthme se déclare après avoir réussi à escalader… Je suis assise contre la roche, le plus en arrière possible, je suis tremblante, je ne maîtrise plus ma respiration, ni mes pleurs, je veux que ça s’arrête,  je veux arrêter de monter toujours plus et ne jamais arriver à ce pic!! La vue est grandiose, mais je suis comme paralysée sur mon rocher, comme si tout risquait de se défaire sous mes pieds… Antoine me félicite,  me parle calmement, me réconforte. Bon il a quand même hésité à m’en mettre une pour me faire retrouver mes esprits durant mon escalade et s’est ravisé,  il a bien fait!!!! Je lui ai dit ensuite que ça ne serait pas passé et il n’aurait pas fallu que cela se transforme en match de boxe au bord du ravin! 🙂 Il a préféré me filmer à la place… « Ça sera un bon souvenir doudou, là de suite ça peut paraitre déplacé mais je t’assure que bientôt tu en rigoleras »… De prime abord, je n’ai pas ri, je n’en ri toujours pas mais il a raison c’est un bon souvenir, ça me rappelle la difficulté de cette rando mais le bonheur de l’avoir fait… Ca se mérite! Mais ça en vaut la peine, la vue est époustouflante!! Tout est tellement immense!! On se sent vivre!

Nous reprenons la marche après toutes ces émotions,  les nuages sont là, presque palpables, à nous suivre sans jamais nous atteindre. La météo nous permet d’admirer ces montagnes et de profiter du paysage. Le déjeuner se fait là-haut sur un plateau herbeux. Au menu bolognaise végétarienne, un délice, et en spectacle le vol des vautours et le panorama…

Seuls au monde, c’est cadeau! Nous parvenons enfin au Pic d’Iparla après l’ascension de crêtes vertigineuses, yessss!!! On y est!!! Et c’est majestueux! Les nuages nous suivent toujours, d’un peu près, mais on parvient à distinguer la vallée… La roche est découpée, acérée.

On s’approche du bord, tout en gardant nos distances, pas de faux pas! Ce paysage est hypnotisant, mère nature est impressionnante… On prend mesure de ce qui nous offert, là, à nous seuls… Encore sous le charme, il est temps d’entamer la descente qui devrait être plus simple. En tous les cas, c’est comme ça que je l’imaginais,  mais c’est un pierrier de dingue qui nous attend! On ne sait même plus où poser nos pieds et comment. Ils sont déformés dans nos chaussures, on veille à ne pas se faire une cheville. Les appuis sont compliqués,  ce n’est plus de la rando à ce niveau là!!! On pensait les montées difficiles, mais on se rend compte que les descentes peuvent être bien pires! Les unes demandent de l’effort physique, de la régularité, de l’endurance et du souffle, en prenant son temps c’est difficile mais c’est toujours faisable. Les autres demandent de la concentration, de l’attention, une gestion de son corps et de ses articulations, car elles sont mises à rude épreuve, et très vite on sent les faiblesses!

Quand est-ce que ça s’arrête ?!! J’ai des ampoules de partout et chaque mouvement accentue celles-ci.

Après 6h30 de marche, nous atteignons enfin le col d’Harrieta, notre lieu de bivouac pour la nuit. On aperçoit Jeremy et Magalie, je fonds en larme, tout se relâche, ça y est la journée est finie!!! J’y suis parvenue! J’ai pris sur moi, eu peur, eu mal, pesté, crié, râlé, pleuré,  juré,  maudits, mais j’y suis arrivée et ai été émerveillé par toute cette beauté! Magalie me dit avoir elle aussi craqué,  et on se rassure mutuellement, on plaisante, maintenant qu’on est à plat, à l’abri de nos tentes!

Une source d’eau fraîche est indiquée à 300 mètres du bivouac. Pour y accéder,  il faut traverser une forêt enchantée. Peut-être est-elle habitée par de petits êtres invisibles,  des elfes, des fées? J’adore ce paysage mystérieux et rempli de mousses. Antoine et moi en profitons pour remplir nos bouteilles et surtout nous décrasser!! L’ eau ne doit pas dépasser les 16 degrés,  se mettre dessous est un supplice en premier lieu puis devient un vrai régal! C’est un luxe de pouvoir se rincer après une telle journée. Ici, nous sommes ramenés à l’essentiel. Le pouvoir de l’eau est magique. Il détend, délasse, ressource, et fait oublier la souffrance du jour, il nous lave l’esprit autant que le corps…

Le soleil nous fait de l’œil, nous sommes dans notre tente, propre, avec des copains, autour de notre repas du soir… Que demandez de plus?! Mes garçons… j’aurai aimé partager cet instant avec eux. Je pense à eux, comme chaque jour, il me manque, je veux qu’ils soient fiers de nous. Cette rando aurait été difficile à faire avec eux, elle nous demande beaucoup d’énergie. Nous ferons en famille quelques sentiers plus simples, moins longs, mais maintenant que nous avons découvert le plaisir de la rando en bivouac, il nous faut leur montrer… Plus tard… Pour le moment,  on est allongé,  chacun avec son bouquin, à nous reposer… Mes pieds sont abîmés,  gonflés,  le massage est douloureux mais nécessaire,  il faut qu’ils continuent à me porter… On doit se préserver pour la suite… Le champs des possibles s’est ouvert à nous, il n’y a plus qu’à continuer!

Officiellement GRdistes! 7ème au 9ème jour…

JOUR 7
Col d’Harrieta – Saint Étienne de Baigorry
10 km – 5 heures – 336 D+ 986 D-

La nuit a été bonne, fraîche mais bonne! Le petit déjeuner se fait avec une vue magnifique, on remballe le tout doucement.

9h, top départ pour la première montée à travers la forêt magique! Et ça grimpe raide de chez raide! Comme chacun de nos départs d’ailleurs !!

Mais à peine sortis des bois, le paysage est spectaculaire! Les rapaces toujours plus près, à faire le show. On est en admiration devant la beauté qui nous s’offre à nous…

Très vite nous sommes tout de même concentrés sur les descentes qui nous attendent et qui s’avèrent être tout aussi pentues que la montée et les chemins pierreux! La météo est pour le moment stable mais à surveiller…
Les falaises sont tout à côté, heureusement que les fougères atténuent l’effet du vertige!

Pour autant je regarde droit devant moi, un pied devant l’autre sur les étroits passages… L’entretien du GR est simple en fait, c’est nous randonneurs qui à force de passer et repasser faisons que les chemins restent praticables !! C’est la réflexion que nous nous faisons! 🙂 Nous sommes pour le moment tous les 4 à souffrir ensemble!


Les nuages se rapprochent, on ne sait plus s’il faut garder ou non nos ponchos… L’humidité de la brume se fait sentir, il nous faut nous dépêcher de descendre ce pierrier qui n’en finit pas! Nos sacs nous pèsent, nos plantes de pieds chauffent, les douleurs se font sentir! Pas le temps de nous arrêter pour respirer un peu, pratiquer ce chemin sous la pluie rendrait les choses plus ardues encore!

En route, un petit moment magique nous est octroyé! Nous rencontrons un petit groupe de shetlands. Il y a un bébé, il est juste trop mignon! Nous n’en n’avons jamais vu de si petit. On dirait un lilliputien! Il court derrière sa mère et va téter. On est comme des enfants devant ce spectacle. C’est cadeau!

Mais de courte durée… Quelques gouttes se font sentir, nous ne pouvons rester plus longtemps… Nous commençons à comprendre qu’en montagne, nous ne pouvons à notre sens jamais être vraiment serein. Le temps est imprévisible, et en l’espace d’un instant, tout peut changer, même si le ciel est bleu et sans nuage, il faut se méfier! Et lorsque le terrain est déjà quelque peu périlleux, mieux vaut ne pas traîner pour ne pas s’ajouter un risque supplémentaire de glissade ou de se perdre dans la brume ou sous la pluie ! Nous continuons donc notre route pour arriver fourbu au camping de Saint Etienne de Baigorry! Il est 14h, on a faim, on a mal aux jambes, on veut se poser! Notre emplacement n’est pas top top !! Le camping municipal se situe à l’arrière de l’Intermarché et de son parking, et des engins de chantiers sont stockés en face de nous… Le rêve hein ?!! Ça nous change de nos précédents bivouacs! Mais bon ça fait partie du jeu, à 4 euros par personne ne fallait pas s’attendre à un palace non plus… Au moins la pelouse est agréable, la douche au bout de l’allée et on va pouvoir faire nos petites courses pour l’apéro dinatoire prévu dès que Magalie et Jeremy nous auront rejoint!
La sieste tombe à pic, enfin une sieste!! La journée est finie, on peut se laisser aller! Mes pieds et mes cuisses me font très mal. Bonjour la démarche en canard comme vous allez pouvoir le constater dans la vidéo prise à mon insu par un dénommé Doudou !! Je tiens à préciser que bons nombres de marcheurs ont la même dégaine que moi hein, une fois le soir venu !!! 🙂

Il n’empêche que je ne sais pas ce que j’ai mais j’ai beaucoup de difficultés à plier mes jambes, la droite en particulier, qui est bien gonflée au-dessus du genou… M’abaisser pour rentrer dans la tente est un supplice… Je me masse, bien contente d’avoir emmené du baume du tigre, pourvu que ça passe!
La soirée se déroule tranquillement, on ne se laisse pas abattre, avec une bonne boustifaille entre copains!

JOUR 8
Saint Etienne de Baigorry – Saint Jean Pied de Port
19 km – 7h15 – 859 D+ 864 D-

Le réveil est dur dur ce matin! Malgré les boules quies, nous avons été réveillé à 4h du matin par les livreurs de l’Intermarché et leur déchargement !! Et le moins que l’on puisse dire c’est qu’ils ne se soucient pas de notre bien-être ni de celui des autres campeurs !! Grrrrr!!!!
Je ne suis pas motivée ce matin, limite énervée, en mode « j’sais pas c’que j’ai »… Ma jambe m’a lancé toute la nuit… Je sais qu’on a toujours un peu de mal le matin, nous sommes des diesels, une fois lancé au bout d’une heure nous trouvons notre rythme mais là, je n’ai pas envie! On attaque comme d’habitude par une satanée montée !!! Mes jambes sont lourdes, ma cuisse est douloureuse à chaque mouvement et est toujours gonflée, ma voûte plantaire et mes ampoules ne me laissent pas tranquille. 😦
19 km, c’est ce qui nous attend aujourd’hui, et Magalie et Jeremy qui viennent de nous rejoindre en chemin, sont de la même humeur. On sent les efforts de la veille et nos corps se montrent fatigués, ce n’est pas ce qui va nous aider à gravir les 27% d’inclinaison d’une nouvelle montée! Le paysage varie nettement moins qu’hier. Voilà que je suis d’humeur râleuse comme vous pouvez le lire !! Et encore vous n’avez pas le son 😉
Le dénivelé est important ce jour, 859 mètres positifs et autant de négatif. Plus on monte plus on voit au loin le chemin parcouru jusqu’à présent… Waouh !! On s’impressionne nous-même, ça paraît fou de voir d’où nous sommes partis et où nous sommes à présent… 🙂 Il y a des instants comme ça où l’on réalise mieux que d’autres la mini aventure que nous vivons tous les deux, au cœur de cette nature montagneuse!

Après une matinée de marche nous arrivons enfin sous le Pic Munhoa situé à 1021 mètres. L’heure est à la pause repas bien méritée! Pic Nic tous les 4 sous notre rocher, où l’on essaie de trouver un peu d’ombre! Il fait chaud, on crame mais on reprend un peu de force!

A partir du pic, il n’y a plus que de la descente, que nous appréhendons tous un peu. Mais elle est finalement plutôt soft comparé à ce qu’on a déjà pu faire !! C’est bon pour le moral !! Sous le caniard, la dernière heure est difficile mentalement et physiquement comme à chaque fois.

On a envie d’abandonner nos sacs, on rêve de la douche et du repos du guerrier, alors on trace! Si bien que pour la première fois nous arrivons à destination avec 30 minutes d’avance sur le topo guide !! Yessss !!!Dans ta face le topo !!! Et quand on sait que le guide nous annonce toujours des temps de marche inférieurs à ce que l’on fait réellement, on est carrément fier!!!
Nous voilà arrivé à Saint Jean Pied de Port, on affiche 100 km au compteur!!! Yepa !!! Si on nous avait dit que nous allions parcourir cette distance à pied un jour, nous ne l’aurions pas cru!!

Notre repos est bien mérité et plus que nécessaire… Il est 17h, l’état de ma cuisse ne s’arrange pas. Un petit tour en pharmacie s’impose, je ressors avec une crème antalgique et de l’ibuprofène. Je veux calmer cette douleur, l’inquiétude nous gagne, nous n’avons pas envie d’arrêter là. La soirée se déroule dans un petit resto avec Magalie et Jeremy, ainsi que Benjamin et Nathalie connu 1 heure avant au camping, marcheurs du GR10 aussi! Rires, partages et découvertes, tout est tellement simple dans ces rencontres… On ne se reverra probablement pas tous, mais aurons passé lors d’une soirée un instant digne des meilleures amitiés!

JOUR 9
Repos au camping de Saint Jean Pied de Port

Le réveil se fait à notre rythme. Aujourd’hui nous avons décidé de rester là, de nous reposer encore un peu pour maximiser nos chances de pouvoir continuer à randonner.

Mon état ne s’est pas arrangé, j’essaie d’avoir un rendez-vous médical mais il semble qu’à cette période ce soit compliqué avec le flot touristique 😦
Il fait très chaud, nous nous sentons bloqués et ne savons pas comment la situation va évoluer. On prend un petit coup au moral. L’idée de devoir peut-être arrêter pour raison « médicale » nous mine… Même si cette expérience est dure, nous demande de nous surpasser, elle est juste incroyable et malgré les difficultés rencontrées nous n’avons envie que d’une chose, poursuivre encore et encore!
On passe le temps comme on peut du coup, entre sieste et baignade à la rivière qui heureusement est à 50 mètres du camping. L’eau y est gelée, ça lave le corps et l’esprit, ça détend et au moins ça m’anesthésie la jambe !! 🙂
On profite d’un dernier resto avec Magalie et Jeremy, demain ils reprennent leur route retour et nous et bien nous ne savons toujours pas ce que nous allons faire.

J’ai quand même eu Céline, une amie médecin en ligne pour lui exposer mon souci et avoir son avis. Pour elle c’est une inflammation de l’insertion du quadriceps, et bien sûr à part du repos et des antidouleurs il n’y a rien à faire! Pas d’autres risques à priori que la douleur qui peut devenir plus importante encore… « C’est toi qui décide mon amour » me dit Antoine, » y a que toi qui peut savoir si tu peux continuer ou pas »… Mon doudou me dit ça à moi qui suis balance et qui suis toujours dans l’hésitation entre deux choses !!! Je mets toujours 3 plombes à me décider, à peser le pour et le contre, ceux qui sont du même signe comprendront ! Mais habituellement cela se limite à des choix plutôt futiles… Là c’est différent, je dois choisir entre le cœur ou la raison ! Le cœur bien évidemment me dicte de continuer cette merveilleuse aventure, j’ai envie de rester avec mon doudou, au milieu de cette nature et de continuer à avancer et découvrir le monde et nous même… 🙂
La raison me dicte de penser aux éventuelles conséquences d’une blessure en plein milieu de la montagne, sachant que nous avons à traverser des zones sans civilisation, qu’au mieux il y a 34 km jusqu’ aux chalets d’Iraty, et qu’en cas de souci avant, ça pourrait être compliqué d’avoir du secours, de par l’accès quasi impossible par la route et le réseau téléphonique n’étant en plus pas toujours bien présent…
C’est inquiet que nous retrouvons nos matelas… La nuit porte conseil paraît-il… Le réveil est programmé à 7h, nous verrons à ce moment-là quel chemin se sera imposé à nous…
Bonne nuit…