Humeur du jour…

Avec Antoine, nous souhaitons vous faire partager nos humeurs que vous retrouverez dans cette même catégorie, liées au voyage, à ses préparatifs, à nos questionnements… elles pourront être gaies, légères, plus tristes, heureuses… la vie quoi… pour pouvoir vous aussi comprendre et vivre à votre façon et à travers nous cette aventure…

Humeur du jour…

Nous voilà au 10 février 2013, des semaines et des semaines que j’ai la sensation d’être une locomotive, avançant encore et encore pour respecter un timing, l’horaire d’arrivée! Ou de départ, tout dépend de quel point de vue on se place!
Des semaines que je déploie une énergie (merci à ma vitamine c!) que je ne me connaissais pas, que j’ai la sensation de tracter mes wagons, des wagons qui n’en finissent pas de se remplir et de me ralentir. A peine avons-nous terminé quelque part, que nous découvrons plus encore l’ampleur de ce qu’il reste à accomplir, et ce jour je suis fatiguée 😦

Mon Doudou me voit ce jour les larmes aux yeux, et s’inquiète de savoir ce que j’ai?…
Nous venons de vider, trier et ranger des placards, de prendre une ixième photo d’un de nos biens qui sera mis en vente sur Leboncoin, enfin bradé serait plus juste car il n’y a que comme ça que cela se vend, et à ce moment alors que cela fait des semaines que vous vous y préparez, vous réalisez un peu plus que le départ est proche, après tant d’années, que nous n’avons pas fait que le rêver et que le rêve a un prix. Des sacrifices qui peuvent paraître rien mais qui représentent des années d’accumulation, d’objets ou de petits plaisirs achetés à tel ou tel moment, vous savez qu’au final cela n’est pas important mais ce jour , avec cet objet, vous réalisez un peu plus que vous vous êtes lancé dans une aventure demandant à soulever des montagnes pour y arriver! Nous ne sommes pas préparés à cela. Il est tellement plus simple de rester chez soi à simplement en rêver et se dire que de toute façon cela n’est pas possible, que l’on aimerait mais que nous ne pouvons pas (bien oui il y a la maison, les voitures, le travail, l’école des enfants, les enfants, la famille, les amis, nos affaires, le dentiste, le médecin et j’en passe), il y a tellement de bonnes ou de mauvaises raisons de ne pas le faire… J’ai entendu quelque part que finalement les seules limites que nous avons sont celles que nous nous imposons…

Je crois que rien ne me destinait à un tel projet, je me revois au début de ce rêve d’Antoine, à l’écouter en parler, s’imaginer tout un tas de situations, il en parlait à tout le monde et tout le monde l’écoutait, et le laissait raconter, par gentillesse, par amitié, par conviction, par respect de son rêve, par procuration peut être aussi, cela était peut être contagieux cette envie de voir le monde:) J’y ai adhéré au fur et à mesure sans réellement y croire au début, je souhaitais y croire sans que cela ne change ma vie, je voulais laisser rêver Antoine pour son et mon plus grand plaisir! Les années ont passées et j’y ai cru de plus en plus, en tout cas l’idée me séduisait de plus en plus, je me suis prise au jeu et ai suivi Antoine dans son « délire »…
Au jour d’aujourd’hui, je me demande parfois lequel de nous deux tire le plus l’autre dans ce projet, pour vous dire que je suis très impliquée!:) Nous ne sommes pas encore partis que déjà par rapport à toute l’organisation qu’ il y a en amont, j’éprouve une certaine fierté à effectuer toutes les étapes pour réaliser une telle aventure : beaucoup de personnes me dise ne pas savoir comment je fais pour faire ce que je fais, pour toute cette préparation, pour oser tout lâcher, pour tout ce à quoi il faut penser, pour garder le moral quant à la vente d’une partie de « nos vies », pour répondre aux interrogations et aux peurs des enfants, pour finir le tout à temps (voilà un paramètre que je ne suis pas sûre de bien maîtriser et qui suscite un certain stress!).

L’on me demande aussi pourquoi on vend tout, pourquoi on ne garde pas ces meubles, ces choses, car il nous faudra tout racheter à notre retour, repartir à zéro… la réponse est que n’ayant pas d’attache particulière ici même, nous ne souhaitons pas laisser nos affaires en garde meuble, trop cher, quant à nos meubles et effets personnels finalement nous aurons l’essentiel avec nous, (et merci les parents pour les quelques cartons gardés précieusement) nos goûts auront certainement changés et nous ne savons pour l’instant pas ce que l’avenir nous réserve… Je ne souhaite pas non plus m’éparpiller et perdre mon énergie, chaque chose en son temps, aujourd’hui c’est le départ que nous préparons, nous verrons demain pour le retour… Nous préférons choisir nos chaînes et la garde de choses purement matérielles n’en fait pas partie, aussi rassurantes peuvent elle paraître.

Alors je crois simplement sans vouloir faire trop cliché qu’il n y a pas 10000 réponses à donner… Toute la force que ce projet peut demander je la trouve en l’amour que j’ai pour Antoine, en celui qu’il me donne en retour depuis ces 11 dernières années et en la famille que nous formons avec nos 3 loulous! Ne dit-on pas que l’amour donne des ailes??