Une page se tourne…

Ahhhhh, il était temps de vous donner des nouvelles me direz-vous?!!… Et oui, j’ai tardé à vous écrire… Mais sans surprise et comme vous vous en doutiez, le retour a été et est toujours très difficile. Et cela n’est pas chose aisée d’en parler… C’est intime, c’est fort et ça fait pas rêver… Il faut d’abord reconnaître que nous avons fait un très mauvais choix de lieu de pied à terre retour mais il aura certainement fallu cette erreur d’aiguillage pour nous rendre compte que nous ne pouvions pas vivre loin de l’océan. C’était je crois évident pour vous tous lecteurs et cela aurait dû l’être pour nous aussi mais dans sa tourmente sachez que le Ja est têtu et préfère toujours vivre ses expériences pour s’en rendre compte par lui-même que d’écouter les ouï-dire!! 🙂 On a donc voulu tenter mais le résultat ne s’est pas fait attendre… Certains nous avaient prévenu, d’autres le pensaient fortement, mais fort heureusement on apprend de nos erreurs. Malgré ces semaines de déprime et de difficultés, de remise en question, de cris, de pleurs, de doute, de vide, d’incompréhension, de colère, de tristesse, de combats contre soi-même, de peurs, de douleurs, de fatigue, d’épuisement, et après avoir entraperçu enfin de nouveaux espoirs, je crois qu’au final cette épreuve aura été nécessaire à notre reconstruction…

Nous avons chacun de nous été seul dans cette bataille intérieure et nous avons dû puiser en chacun de nous une nouvelle force, une nouvelle énergie pour ressortir grandi et plus fort de ce challenge! Car c’est bien un challenge que de revenir à une vie dite normale après avoir vécu la vie que nous avions… Personne ne peut comprendre… Personne hormis ceux qui l’ont vécu… A partir de ce constat, vous imaginez bien la solitude qui nous entourait… Nous sommes passés d’un quotidien si grandiose et si riche à un quotidien si lourd et si monotone… Nos amis nous manquaient et nous manquent tant, nous les pleurons très souvent. Jamais cette notion d’amitié n’aura été aussi forte… Les familles que nous avions suivies en voyage avant notre départ, sont elles aussi rentrées avant nous, et du temps de notre voyage nous pensions à elles régulièrement en nous disant que cela ne devait pas être facile comme situation. Nous avions entendu leurs maux, entendu leur « détresse » mais jamais nous n’avions mesuré l’ampleur de ce qu’ils vivaient. Comment aurions-nous pu, nous n’étions pas à leur place, nous étions sous les tropiques occupés à vivre notre aventure et si loin de leur nouveau quotidien! A présent, nous savons…

A ce jour, cela fait un peu plus de 8 mois que nous sommes revenus. Grâce à notre déménagement vers les Landes, un bon coup de pied à nos derrières et à une irrépressible envie de reprendre nos vies en main, nous arrivons maintenant à intégrer le fait que nous allons rester un petit moment à cette vie de terriens… Nous avons toujours en tête de repartir, en bateau, en sac à dos, à pied, en avion, qu’importe, l’important c’est de savoir que nous gardons cette flamme en nous et que nous aspirons à retrouver à un moment donné cette vie de nomade et cette liberté sans pareil… La patience, ça n’a jamais été notre fort, et pourtant nous allons devoir l’apprendre, la prendre… Le temps que nos loulous grandissent, le temps que notre future caisse de bord se refasse, le temps de vivre les années à venir de la plus belle façon qui soit…

Aujourd’hui, nous sommes à Saubrigues, un petit village de 1500 habitants à 15 min de Hossegor, de l’océan, des embruns, du surf, des vagues, et de l’air, celui qui nous regonfle à bloc à chaque fois que nous le respirons… Nous passons des moments à regarder vers le large, à regarder l’immensité et à nous remémorer nos navigations… On s’imagine les conditions en mer, on voit les grains, nous avons envie ou non en fonction des moments d’être sur l’eau, encore… Tout est si ambigu… Ce n’est pas tout noir ou tout blanc… Ça serait trop facile… A la fois ce mode de vie nous manque et à la fois nous savons que pour le moment, nous ne pouvons pas être ailleurs que là où nous sommes…

Nous avons donc acheté une maison où chacun a plus d’espace qu’il ne lui en faut et avec 3000 m2 de jardin… Elle s’appelle CasaJa!! 🙂 Nous avons un océan de verdure à nos pieds… Nous y trouvons le calme qui nous est nécessaire, l’énergie qu’il nous faut… Nous avons pu chaque jour de cet été apprécier la vue de notre chez nous, car oui nous sommes enfin chez nous, à notre place! 🙂 Nous avons pu redécouvrir de nouvelles odeurs, apprécier le paysage à chaque instant, observer les écureuils sauter d’arbres en arbres, écouter le pivert taper sur son tronc et la chouette hululer chaque soir. Bon j’ai aussi pu hurler et sursauter à la vue des araignées maousses costauds qui traînent dans le jardin et squattent ma maison, des énoooormes limaces qui bavouillent sur ma terrasse, et des crapauds qui bondissent tout près!! Oh secours, en mer je ne connaissais pas ça, rendez moi mon bateau!!! 😉

Nous avons eu le bonheur de retrouver des amis de St Barth lors de notre périple avec Campija ou venus nous faire un petit coucou à la maison, du bonheur simple et simplement… Ils nous ont ramené un peu de notre île de cœur avec eux. Nous avons pu recevoir des amis, des nouveaux, des anciens, des retrouvés, des lointains, des proches, et toujours autant de plaisir à voir ou revoir toutes ces personnes peut-être passées là « pas si par hasard que ça »… Après ces mois de lutte, nous avions besoin de chaleur, de réconfort, d’authenticité, et tous ces copains, amis, nouveaux voisins, nous en ont apporté… Ils n’en n’ont probablement pas eu conscience, mais leur présence aura été essentielle pour nous et nous aura aidé à panser nos blessures… Et peut-être que toutes ces visites ont été savamment orchestrées par quelqu’un ou quelque chose là-haut pour nous redonner le sourire… 🙂

Nous apprenons aussi à reprendre un rythme!! Antoine est passé de 3 heures à 8 heures par jour !! hihi comment vous faites les gens ?!! 🙂 Il travaille de la maison et a des projets plein la tête, il tente de trouver le meilleur chemin, celui qui nous apportera stabilité et sécurité. Bon si en plus ce chemin nous apportait de quoi vivre sans plus travailler ça serait le top! (On tente toujours l’euro-millions mais ce n’est pas gagné !! 🙂 )… On ne demande pas la lune, juste suffisamment pour un beau Sunreef ou Gunboat filant à 20 nœuds sur l’eau pour vite vite passer les grains et vite vite faire les Transnavigation!! 🙂

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Malo se plait beaucoup dans notre nouvelle maison, dans la région et a intégré le lycée de Saint Vincent de Tyrosse. Il est dans une classe de 29 filles et 5 garçons, imaginez l’Eden !! On le voit devenir un homme, s’étoffer, se muer dans ce nouveau corps, il semble loin le temps de ses 9 ans et du petit garçon qu’il était au moment du départ…

Elian est au collège de Saint Vincent de Tyrosse, il continue à s’améliorer en ping-pong et il lui arrive même de battre Antoine !! 😉 (mais chut je ne dois pas le dire !!), il a de nouveaux copains mais reste très prudent quant à son engagement vis-à-vis d’eux. Il est toujours très marqué par notre retour, il réclame très souvent Cataja, la vie à bord et évoque régulièrement avec beaucoup d’émotions et de sensibilité le manque de ses amis à St Barth et en bateau… Il vit très mal le fait de n’avoir pu dire au revoir à ses derniers suite au passage d’Irma. Il a lui aussi besoin d’encore un peu de temps…

Pacôme, notre petit soleil, est égal à lui-même! Toute l’école le connait depuis son arrivée dans l’établissement, il rayonne comme à son habitude et est toujours aussi tête de mule! Les bancs de l’école sont une corvée pour lui, il rêve, papote et ne tient pas en place… Ça va être dur dur de faire une année complète !! 🙂

Luna elle, a pris ses marques dans notre nouveau cocon, elle s’est approprié le terrain et jouit chaque jour de sa nouvelle liberté! Elle court, saute et vadrouille où bon lui semble… 🙂 Nous la sentons très heureuse de cette nouvelle vie…

Quant à moi, c’est fini aussi le travail de saison et les 6 mois de l’année libre… j’ai démarré début septembre une nouvelle activité professionnelle, celle de négociatrice en immobilier pour le compte d’un groupe national… Cela faisait des années que je souhaitais essayer, alors il était temps de me lancer pour savoir ce qu’il en serait!… Il n’est bien sûr pas facile de changer à ce point de rythme… Mais on s’accroche tous… On essaie de faire ce que l’on aime et de rester fidèle à nos aspirations.

Nous n’avons pas de projet de voyage à court terme. Et oui les joies du salariat et des délais avant de prendre ses congés, vous devez connaitre 🙂 C’est peut-être ça qui nous fait le plus bizarre aussi, les garçons me réclament régulièrement et je vais devoir me faire à l’idée que je ne vais pas être avec eux pendant les vacances…

Voilà, vous savez tout… Ah non!!! J’oubliais!! Nous avions promis aux loulous de prendre un chien une fois revenus à terre, mais depuis notre retour nous avions l’impression de crouler sous les contraintes, alors l’idée du chien s’était quelque peu éloignée… Et puis… Et puis il manquait quelque chose… Et puis nous avons commencé à y réfléchir à nouveau… Et puis nous avons investigué… Et puis nous avons fait quelques tours à la SPA car nous voulions adopter un chien… Et puis est venu le temps de mon anniversaire et là… Ben là il a bien fallu me trouver un cadeau… Alors zou et hop la voilà!!! 🙂 La petite dernière de la famille, adoptée par toute la tribu et même par Luna très curieuse de cette nouvelle rencontre… Elle vient de la SPA, est âgée de 1 an environ, a été trouvée sur la voie publique il y a quelques mois, est de la race de chien Porcelaine, et faisait partie des chouchoutes de l’équipe du refuge tant elle était gentille, câline, douce et bien sous tout rapport, ça c’est côté pile dirons nous! Côté face et après 4 jours en notre compagnie, on s’est aperçu qu’elle adore mâchouiller les télécommandes, les téléphones portables, les livres ou toute autre chose étant à sa portée, elle adore aussi chiper les jouets des garçons et partir en courant avec, elle aime beaucoup beaucoup squatter le canapé malgré nos restrictions dont elle n’a que faire, elle adore aussi tenter de choper ce qui se trouve dans la poubelle ou sur la table… Elle n’écoute absolument rien, court comme une fusée et ronfle! Mais elle semble apprécier la route en camping car, n’embête absolument pas Luna et a des oreilles d’une extrême douceur, effet anti stress garanti… ! Vous l’avez compris, on y est déjà très attaché à cette chipie!! Elle s’appelle Baya, Bayaja ca l’fait non?!

Voilà, c’est cet article qui clôture notre fabuleuse odyssée, celui qui fait que nous n’aurons plus le plaisir de vous écrire, de vous lire. Nous ne serons plus encouragés par vos mots, portés par vos messages, réchauffés par toutes ces attentions que vous nous avez apporté durant toutes ces années… J’ai tourné les choses dans ma tête et me demandais pourquoi cela mettait autant de temps pour vous écrire, pour vous tenir informé, mais la réponse est apparue très clairement il y a peu… Je savais au fond de moi que cela marquerait la fin de cette écriture que j’aime tant et la fin de cette lecture de vos commentaires qui nous ont fait tant de bien et je voulais que cela puisse durer encore un peu…

Vous nous avez vu évolué sur ces 5 dernières années, vous avez pu voir notre famille grandir, essayer, oser, se dépasser, vivre, vibrer… Vous avez vécu avec nous nos quelques galères, nos peurs mais aussi et surtout nos innombrables bonheurs, nos fiertés, et ce rêve magnifique!… Nous avons essayé de vous apporter du rêve justement, essayer de vous faire vivre l’extraordinaire, notre extraordinaire, celui qui nous a comblé tout ce temps. Je me revois encore dire que nous partirions pour un an ou deux maximum, j’étais si attachée à cette vie bien connue et à ma zone de confort, mais je ne savais pas encore à quel point cette nouvelle vie allait chambouler toutes mes certitudes et combien elle allait nous remplir de joie…

On a tenté d’être comme nous vous l’avions promis dès le départ au plus près de nos émotions… Ça n’a pas toujours donné des articles très « made in rêve », mais nous aurons été honnêtes avec vous jusqu’au bout… De votre côté, vous nous avez donné encore, encore et encore, vous avez toujours été là pour nous et cela aura été un merveilleux échange, basé sur l’humain tout simplement… En cela nous ne vous en remercierons jamais assez… Et si avec nos mots, notre petite folie, notre insouciance nous avons réussi à en convaincre quelques uns d’entre vous, que vous aussi vous pouvez vivre vos rêves, aussi infimes soient-il, que vous aussi vous pouvez le faire, alors nous aurons tout gagné…

MERCI à toutes, MERCI à tous pour votre fidélité, votre présence, votre magie, votre affection et votre bienveillance… C’est à jamais gravé dans nos esprits et dans nos cœurs… C’était aussi ça l’Odyssée de Cataja!!

PS : Si un livre venait à paraître un jour, nous vous préviendrons, même si pour le moment le projet n’en est qu’à la pensée! 🙂

Presque la fin de toute cette belle aventure, le mot d’Antoine…

Dans notre sillage les pontons du port de la Grande Motte s’éloignaient laissant derrière nous famille et amis venus nous dire un dernier au revoir.

 

Cataja, notre nouvelle maison flottante ronronne sur une méditerranée lisse comme un lac au rythme de ses deux moteurs yanmar de 36 chevaux chacun. Le temps de mettre les voiles et c’est un souffle de liberté qui balaye les contraintes de notre vie terrestre et nous pousse vers cet inconnu qui nous excite et nous effraye en même temps.

 

C’était il y a 5 ans maintenant et nous voici de retour à terre, happé, aspiré dans le vortex de la vie « normale ». Quand les réseaux sociaux nous infligent les images de ce que nous avons vécu ses cinq dernières années nous les évitons pour ne pas sombrer. On s’est fait à l’idée que cette parenthèse est maintenant close et qu’il faut maintenant travailler pour préparer la prochaine…
Notre arrivée en plein mois de février n’a pas été aussi douce qu’on l’espérait. Nous sommes arrivés dans un appartement loué par internet depuis notre bateau en Martinique qui semblait présenter tous les avantages. Mais les images ne remplacent pas le ressenti et quand on s’est rendu compte que même avec le chauffage à plein régime on avait du mal à dépasser les 17°C dans l’appartement, on a vite déchanté. La région que nous avions choisie pour nous poser près de Pau s’est avérée outrageusement pluvieuse avec un record de 3 semaines non-stop sans voir le soleil. Autant vous dire que dès qu’il y avait une musique nous rappelant des souvenirs à la radio ou quand on regardait par la fenêtre c’était les larmes qui coulaient avec une envie furieuse de crier et de tout envoyer balader pour retourner naviguer sur les flots!!

C’était il y a un peu plus de 6 mois. Maintenant nous sommes en convalescence… Pour notre bien-être à tous, nous avons déménagé de Nay près de Pau à Saubrigues près de Bayonne où nous avons retrouvé l’océan avec un plaisir indescriptible!! C’était une question de survie! 🙂 La maison que nous avons choisie est un nid douillet où toute la famille s’est investie et où on se sent tous bien. 🙂 Les voisins du quartier sont tous très sympas et les premiers apéros de ce nouveau mouillage se sont révélés prometteurs!

 

On va être bien ici… Même si on est encore fragile, on se concentre sur notre objectif de refaire une caisse de bord pour pouvoir repartir quand les enfants seront plus grands. Les images qui nous habitent, les moments que nous avons vécu et partagé avec notre petite tribu restent là au fond de nous comme un trésor que nous avons accumulé sur ces cinq années d’aventure. Il nous reste maintenant des amis aux quatre coins du globe que nous aurons plaisir à retrouver lors de nos futurs voyages et une terrible envie de continuer à croquer la vie à pleine dents 🙂

 

A suivre dans quelques temps, le mot d’Eurielle…

Le tourbillon …

2 mois… Jour pour jour… C’est le temps passé depuis notre retour, le fameux, celui dans lequel nous sommes rentrés de plein fouet dès lors que nous avons laissé notre fidèle Cataja… 2 mois, c’est court et si long à la fois… 2 mois pendant lesquels j’ai voulu mainte fois vous écrire pour vous tenir informé et parce que je vous l’avais dit, il y avait l’avant, le pendant et l’après dont j’allais vous parler… Et puis cela a tardé, nous avons été aspiré dans une spirale que l’on peut qualifier d’infernale, et les mots, ces mots si important pour moi n’arrivaient pas à se mettre en place pour vous raconter au mieux cette période si délicate… C’est ce matin, en ce 8 avril, alors que nous sommes arrivés en ce 8 février, que je me suis réveillée avec le chant des oiseaux, l’envie mais surtout la capacité de vous raconter… La capacité oui car bien que non dramatique, c’est bien une épreuve que nous vivons depuis notre retour et les larmes ne sont jamais bien loin… Ne nous leurrons pas, tout le monde nous a toujours parlé des retours difficiles, de la difficulté à se réadapter à la vie terrienne, de cette sensation de ne plus être à sa place car si différents de par les fabuleuses expériences vécues ailleurs, autrement, de cette sensation de ne peut-être avoir vécu qu’un rêve car tout semble si vite si lointain que l’on pourrait presque penser que rien ne s’est jamais passé… Il y a bien les photos pour nous montrer que oui cela a bien existé, nul besoin de se pincer pour y croire… Mais les photos font mal à regarder, alors on les évite, on les met dans un coin de sa tête et de son coeur, et on se dit qu’on les regardera plus tard, quand cela sera cicatrisé, quand tout sera plus calme intérieurement… En attendant on panse comme on peut… Ne nous leurrons pas, nous n’y avons pas échappé, malgré la force intérieure qui nous anime, malgré l’amour que nous nous portons, nous ne sommes semble-t-il pas surhumains et nos supers pouvoirs sont limités… 😦 La vie à bord nous manque, notre liberté nous manque, nos chers amis nous manque, l’océan nous manque… Là où nous n’avions besoin de rien avant, ici nous avons besoin de tout et le rouleau compresseur de la vie dite `normale`nous oppresse… Nous n’étions pas préparé à cela… Tout a été si vite… Il y a encore un an en arrière je ne me voyais pas vivre ailleurs que sur mon bateau, je ne me voyais pas quitter cette vie, et puis est arrivé ce jour de traversée vers la Guadeloupe, ce grain de trop, cette peur et dans la foulée ces mots sortis de moi comme insuflés par quelqu’un d’autre… Je ne pouvais pas avoir dit ça, ni même pensé ça et pourtant cela avait été dit et cela allait agir comme un tsunami dans nos têtes et dans nos vies… Le déclencheur… Puis la réalité évidente mais que nous n’avions pas voulu voir avant, Malo prenant moins de plaisir à vivre cette vie et réclamant une vie « normale », Elian ayant cette appréhension avant chaque navigation, la sensation de ne plus vivre l’aventure comme nous l’entendions, bloqué par la scolarité de nos loulous… Le questionnement… Et puis Irma aux conséquences bien plus profondes et plus fortes que nous n’aurions pu le croire… En quelques mois tout a été chamboulé… Alors forcément il ne fallait pas s’attendre à ce que tout se passe comme si ces 5 ans en mer n’avaient pas existé!

Et notre installation à terre a nécessité de l’organisation, de la méthodologie et beaucoup d’énergie!!! Nous avons d’abord récupérer notre voiture achetée et livrée à l’aéroport puis été faire un tour tous ensemble pour habiller un minimum tout le monde!!! Car ici les maillots ne nous seront manifestement d’aucune utilité… Nous sommes arrivés pile dans une période de grand froid sibérique comme on dit, rien que ça!! Welcome!! Même pas de choc thermique!! 😉
Nous avons ensuite laissé les loulous chez les parents d’Antoine pour ne pas leur imposer le marathon qui allait s’offrir à nous!
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A savoir récupérer les clés de l’appartement, prendre possession des lieux et surtout nettoyer les lieux!!! Car au secours, j’ai cru que jamais je n’allais venir à bout de la crasse ambiante!!! En apparence pourtant et sur les photos ça avait l’air parfait pour accueillir la tribu mais dans les faits, il faut se méfier des photos!! 🙂 Ensuite, il nous a fallu aller racheter tout ce que nous avions liquidé avant le voyage… Matelas pour squatter par terre en attendant d’acheter les lits, canapé pour souffler un peu, table et chaises pour nous poser, frigo et gazinière pour ne pas mourrir de faim!! Même pas mal le portefeuille !!!
Les 48 premières heures dans notre chez nous ont été sous une pluie battante non stop!! On a bien cru que jamais ça n’allait s’arrêter!! Heureusement, nous avons pu compter sur la gentillesse d’un de nos couples de lecteurs! Nous avons été invité à manger un délicieux plat d’hiver et à nous réchauffer devant la cheminée!! Car chez nous c’est un glaçon qui nous sert d’habitat!!
Puis le soleil est revenu et avec lui les loulous qui découvraient avec plaisir leur nouveau logement et les paysages du village de Nay! Première étape réussie…
Deuxième étape et non des moindres, aux vues de notre emplacement stratégique à 45 minutes des pistes, leur montrer la neige et se relaxer un peu!!!!! On en a tous grand besoin… Grande première pour Pacôme!! Paysage magnifique, grand blanc, sourire aux lèvres, yeux pleins d’étoiles, on est tous ébahis par la beauté de la montagne… C’est magique!! 🙂
On va être bien là… La vue et les montagnes sont belles… On va être bien… Les garçons sont contents de leurs établissements scolaires bien que Malo après plusieurs semaines commence à sentir la différence avec les autres garcons de son âge qui n’ont vécu que dans le village, n’ouvre jamais un livre et ont pour passion le rugby … Le printemps est arrivé et avec lui l’espoir d’avoir un peu de chaleur dans notre appartement pour nous sentir mieux, mais non, Antoine porte toujours un blouson pour travailler et nous nous sommes vus aller manger notre déjeuner sur le banc extérieur à côté de l’élevage de poule pour emmagasiner un peu de chaud plutôt que de se peler dans ce qui est censé être notre chez nous…!!!
Ce n’est pas chez nous… Nous le cherchons depuis un petit moment maintenant… Nous bougeons chaque week-end pour découvrir les alentours et surtout ne pas rester là… On visite Pau, Orthez, Oloron Sainte Marie, Lourdes en faisant une prière au passage, sait-on jamais, quelqu’un là-haut pourrait peut-être nous entendre!! 😉
Nous retrouvons l’océan lors d’un week end sur Biarritz, et là enfin on respire…
Et vite, trouvons la maison à acheter qui va pouvoir accueillir notre tribu! Nous avons mis toute notre énergie à nouveau dans la recherche d’un bien, nous avons visité des dizaines de maisons, nous avons réussi à nous projeter sur certaines, mais avons eu des désaccords avec Antoine sur le choix de celles-ci et ce que nous pensions être une partie de plaisir a viré au stress total car il nous est apparu que nous n’arrivions pas à nous mettre d’accord, une première… Je ne trouve pas d’emploi dans le coin malgré les entretiens, Antoine a du mal à se concentrer sur son travail à lui… On va être bien, on va trouver… On essaie du moins de s’en convaincre, car depuis les mots de ce début d’article 3 semaines se sont écoulées, nous sommes le 1er mai et la situation est toujours compliquée, elle nous force à puiser toujours plus dans nos ressources d’énergie déjà bien entamées… Nous sommes dans des questionnements sans fin qui nous prennent la tête au quotidien… Rien n’apparaît clairement… Nous ne voyons pas le panneau de signalement  bien lumineux qui nous indiquerait quelle porte emprunter… Ce n’est pas faute de le chercher… Quand nous pensons avoir trouver un début de réponse, un élément fait que tout recommence à zéro… Un peu comme ce vieux film « Un jour sans fin » où Bill Muray revit sans cesse la même journée… Nous en sommes là…
Mais, on ne perd pas espoir! 🙂 Dans ce dédale, nous avons eu le bonheur de retrouver des amis de bateaux et de Saint Barth sur un week end entre La Rochelle, l’île de Ré et l’île d’Oléron… L’ occasion de se retrouver, de se serrer dans les bras et de laisser cette douce chaleur nous envahir en leur présence… Des larmes, des rires, des souvenirs… Et même un baptème de bateau, celui dont je suis la marraine, celui de nos amis rencontrés en mer et qui aujourd’hui s’en vont commencer une nouvelle vie autour de notre belle terre. C’est à leur tour… Le voyage crée des liens forts, des liens différents…  Et les retrouvailles tombent à pic… Voilà des semaines que nous ne parlons à personne car nous n’avons pas vraiment fait de nouvelles rencontres… Et là enfin nous pouvons nous exprimer librement avec ces amis qui nous connaissent si bien, qui nous donnent tant d’affection et qui savent ce que nous ressentons!! De discussions en discussions, nous entendons leurs mots, et ils vont faire leur bout de chemin dans nos têtes…
Avant toutes choses, le voyage nous manque alors quelques jours de réflexion auront suffit, l’achat d’un camping car est nécessaire à notre santé mentale !!! On ne se refait pas! 🙂 Nous vous annonçons donc que nous sommes les nouveaux propriétaires de Campija 2 le retour!!! Voilà déjà là c’est chez nous, on en est sûr!! On a bien chaud dedans, on a un grand lit à l’arrière pour nous, une capucine pour les deux grands et un lit pour Pacôme, ça c’est fait!! C’est parfait!! Et grâce à lui, nous partons à la découverte du pays basque, de la côte espagnole, de Zuggaramurdi, de l’île de Gaztelugatxe, de la plage d’Itzurun, de Bilbao et de son musée Gugenheim, de la Navarre avec son chateau d’Olité, son village d’Ujué et ses gorges de Lumbier… C’est magnifique!!! Il pleut, il fait un froid de canard, un temps de m**** on peut le dire mais on est dans notre petit cocon à nous et on se sent vivant!!! 🙂 Notre bonheur est dans le voyage, c’est ainsi…
De km en km, nous en profitons pour nous arrêter du côté de Bayonne et du sud des Landes… On en profite même pour visiter quelques biens sait-on jamais… C’est là que semble être apparu un semblant de réponse!! Les biens se vendent comme des petits pains et s’arrachent à prix d’or! Certes c’est rageant pour nous car les prix ne sont en rien similaires à ceux du Béarn mais le dynamisme des villes et du marché immobilier nous apparaît très clairement!! Ce n’est pas là où nous sommes que nous devons nous installer mais ici!! Là où nous pourrons sentir les embruns sur nos visages, là où nous pourrons contempler l’horizon, là où nos loulous pourront continuer à courir sur le sable, là où mon doudou pourra retrouver les sensations de l’eau sous sa planche… Là où si nous avons un bien, nous arriverons à le revendre rapidement si nous décidons de repartir en voyage, ou plutôt quand nous le déciderons devrais-je dire, car il ne fait aucun doute que nous sommes atteint de « voyagite aiguë » 🙂
C’est ma meilleure amie qui a eu envie de me taper ! Voilà 10 ans qu’elle me tanne avec sa région de Bayonne où il fait si bon vivre et où je n’ai jamais voulu venir avant… 😉 Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis il paraît!…  🙂
Alors, voilà… Nous entrevoyons une petite lumière qui peut-être nous fait signe et nous invite à la suivre… On va tenter… Si les choses changent on vous le dira, si on trouve enfin notre chez nous on vous le dira … Et après… Après nous verrons… 🙂

Aurevoir Cataja!

Faire durer le plaisir… Enfin surtout la situation peu agréable dans laquelle nous sommes… Nous venons de recevoir un sms de la compagnie aérienne… Notre avion ne décollera pas à 21h40 comme prévu mais à 23h40! Bingo ! Voilà ce qui se passe quand on part en pleine vague de froid!! Vous me direz au moins on patiente sur Cataja plutôt que dans le hall d’aéroport… Voyons le bon côté! Il n’empêche on va vraiment être décalqué!

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Non mais quelle idée de rentrer en février!! -2 degrés annoncés demain pour notre arrivée… Comment dire?! Il est très, très difficile pour nous de nous rendre compte de la situation!! Pourtant on nous envoie des photos de Paris sous la neige… Nous voyons des images partout de ce manteau blanc mais comment voulez-vous qu’on imagine ce qui nous attend quand nous sommes sous un grand soleil, une mer plate et des températures à en énerver plus d’un!!?
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Dans nos bagages à main, 1 tee-shirt en plus et 2 pulls chacun! A défaut de mieux on fait comme on peut!… Une arrivée light!
Notre tranche de vie en Martinique et à bord se termine donc… Un dernier repas hier soir avec nos amis Grégaliens, les derniers moments de jeux pour les enfants avec Raphaël, une dernière prise de vue des paysages… Et aujourd’hui un dernier grand nettoyage de Cataja qui semble bien vide en vue de l’arrivée des amis du nouveau propriétaire chargés de le ramener sur les Grenadines…
J’avoue ne plus avoir envie du tout de le nettoyer ou de faire quoique ce soit d’autres à bord… Cela fait des semaines que nous ne faisons qu’astiquer, ranger et organiser, sans que le bateau ne soit plus à nous mais parce qu’il fallait bien un peu de temps pour nous retourner! Nous sommes à force psychologiquement, physiquement fatigués. Cataja n’est plus notre cocon. Nous y avons nos habitudes mais nous avons pris un certain détachement par rapport à lui, naturellement. Paradoxalement, nous avons aussi l’impression de ne partir que pour des vacances, c’est très particulier!
Les bagages sont pleines à craquer. On bouge et rebouge les affaires pour ne pas dépasser les 23 kilos autorisés. Un véritable casse tête!
Il nous tarde à présent de découvrir notre nouveau chez nous même si nous ne sommes pas au bout de cette aventure du retour! Antoine et les garçons sont de plus en plus excités à l’idée de voir la neige. Ils ne tiennent vraiment plus en place!! Pacôme me demande « comment va tomber la neige?… Du ciel? » Oui mon chéri… « Ah oui!! Sérieux maman?! Elle va tomber du ciel comme ça?!! » Oui mon grand… Que voulez-vous c’est un petit pirate antillais alors forcément il ne connaît pas la neige!! Et moi je scrute les écrans des routes de France pour voir l’état d’enneigement!! Nous n’avons pas les mêmes préoccupations! Je penserai à faire le papillon dans la poudreuse quand on aura acheté les doudounes, les gants, les damarts et compagnie… 🙂
Allez… Il est temps pour moi de vous laisser… Pour aujourd’hui du moins… Une petite sieste s’impose en vue de la nuit qui nous attend…
Plus que 2 heures et nous dirons aurevoir définitivement à Cataja, la page sera tournée… Il y a presque 5 ans nous partions sans trop y croire… Nous disions aurevoir aux amis venus nous souhaiter bon vent et je me souviens avoir été persuadé que quelque chose allait arriver ou casser, que nous allions faire demi tour vers la Grande Motte tant je n’arrivais pas à croire que notre rêve se réalise… Au lieu de cela, nous avions eu une nuit étoilée des plus magique, douce et calme à l’image du reste de l’odyssée qui nous attendait…
depart
Merci Cataja d’avoir pris soin de nous chaque jour qu’il nous a été donné de vivre avec toi… Nous t’avons aimé comme un membre de la famille… Ton nom sera à jamais dans nos esprits et associé à lui le bonheur en famille à l’état pur… Continue à voguer sur les mers et toi aussi garde un peu de nous en toi… Aurevoir mon Cataja…

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Dernière ligne droite avant le retour…

15 jours sont passés depuis notre dernier post et nous avons eu beaucoup de réactions et de mots de votre part à tous. Nous voulions vous en remercier du fond du coeur… De beaux échanges, une bienveillance qui, même si elle nous a parfois mis la larme à l’oeil nous a fait beaucoup de bien… Certains d’entre vous nous suivant en « secret » depuis longtemps ont décidé cette fois de prendre le clavier, d’autres que nous ne connaissons pas nous ont invité pour un apéro chez eux du côté de Pau… C’est assez génial quand même! Merci! Merci à tous… 🙂 Vous avez connu l’avant, nous avez suivi pendant, il y aura bientôt l’après… Le retour tant redouté par tous ceux dont le rêve se termine quelqu’en soit la raison… A ce stade néanmoins nous n’en sommes pas encore là, pas tout à fait… Appelons plutôt cet instant « l’intermédiaire »…

Nous sommes à J-5 avant la remise des clés de Cataja et notre envol vers la France… Je suis allongée là dans mon lit avec mon doudou à mes côtés dormant paisiblement et mes garçons dans leur cabine, leur espace, leur cabane… Je ressens en un instant le manque … Nous sommes pourtant encore à bord… Mais déjà je me demande comment vont être les nuits à terre quand cela ne bougera plus et quand nous n’aurons plus les oiseaux et la vue sur l’océan à perte de vue au réveil… Là, je suis bercée par la respiration de l’océan, et elle est calme ce soir comme souvent… Tout n’est que petits bruits habituels autour de moi… Tout d’abord la mélodie lointaine de cette musique créole qui nous accompagne chaque vendredi soir… Un vendredi dansant pour tous ces vacanciers venus chercher un peu de chaleur et d’exotisme dans les îles… Il y a aussi ce doux bruit de ressac sur la plage… J’entends les crépitements sous la coque de Cataja, toute cette vie aquatique qui le soir venu se fait entendre… Je vois les étoiles à travers le hublot au dessus de ma tête… Je m’endors vraiment chaque soir à la belle étoile… La lune qui était pleine il y a peu éclaire encore le mouillage… Je sens le souffle du vent à travers les hublots, ce petit air que nous trouvons frais en cette saison… Il fait pourtant 21 degrés au coucher et nous sommes bien sous notre plaid car « il fait froid »… Je crois que bientôt nous allons comprendre la définition du mot froid!! 🙂 Presque 5 ans dans les îles, je pense que l’on peut parler de tropicalisation! Je me souviens lors de notre premier passage à St Barth alors que nous venions de rencontrer un couple de lecteurs devenus depuis des amis, avoir ri quand lui nous disait ne pas vouloir se baigner, l’eau étant trop froide… 26 degrés excusez moi!! Pour nous qui arrivions de l’autre côté de l’Atlantique, c’était un bain… Et de préciser que le soir il mettait « sa petite laine »… Mais comme t’avais raison !!! Je ne pensais pas dire un jour qu’à 26 degrés « brrrr elle est fraichouille l’eau quand même!! » 🙂

Oui je sais on s’habitue à tout et ici ou ailleurs on s’y fera… On s’est bien habitué aux 30 degrés toute l’année et au maillot, ça n’a pas été facile croyez moi et ça n’est pas donné à tout le monde!! Hihi! Il n’empêche pour le moment, ce sont des bribes de vie qui me reviennent, des ressentis puissance 10 et une sacrée pression quant au retour à la vie « réelle ou normale », appelez ça comme vous voudrez! Oui, car il fallait bien revenir à cette vie à un moment donné, on nous la assez dit… On en a bien profité, non?! Si vous saviez…

Alors après avoir tout envoyé baladé en 2013, on fait le chemin inverse…

Et ce n’est pas triste!! Bon déjà les cartons! Antoine d’ailleurs sur ce coup là, la jouer finement je dois dire… Monsieur avait un voyage d’affaires à Paris pile au moment de l’emballage, oui oui!! Bon, heureusement pour lui on ne pouvait pas se douter au moment des prises de rendez-vous que nous aurions vendu Cataja et que nous aurions tout à faire en si peu de temps!! Il ne pouvait pas non plus savoir que son petit fiston allait refiler à sa moman d’amour sa grippe et la clouer au lit plusieurs jours, lui faire perdre 2 kilos, la rendre livide et quelque peu vulnérable! Le voilà donc parti et moi à l’agonie… Quoi j’en rajoute?! Nan même pas! J’ai bravé les courbatures, la toux et la fatigue pour faire ces fichus cartons!! Mais attention, pour limiter les coûts de ce retour qui il faut bien le dire nous file le tourni et nous met en stress financier en plus du reste, nous devons nous limiter à 300 kilos si on ne veut pas perdre un bras! Car après cela passe du simple au double côté tarif 😦 Nous les faisons rappatrier par avion sur les conseils de notre petite Lucie passée par là avant nous. Ainsi autour du 12 février nous aurons nos affaires plutôt que dans deux mois si nous avions opté pour le container comme prévu au départ… Plus économique mais plus long!

N’empêche, ils en ont de bonnes, comment on sait nous combien on a… En combien de kilos tiennent nos vies? Alors vas-y que je trie, je range, je vends, je donne, je jette… On fait le vide! Et on recommence inlassablement! Car on ne dirait pas comme ça mais on en entasse des choses à bord de nos destriers! On s’interroge, va-t-on s’en servir en France ou pas, est-ce que les enfants jouent encore avec ça ou ça? On prend ou on rachète là-bas? Allez les couettes on vire, elles ont prit le moisi dans les coursives et on en achète des neuves bien chaudes, merci Amazon! Pareil pour les vêtements d’hiver, là on ne rachète pas, on achète tout court et ça n’est pas le même budget que les maillots! Et ça dure des jours où nous peinons à circuler à bord de Cataja et où on réfléchit à ce qui est nécessaire et ce qui ne l’est pas. Pendant ce temps le doudou a pu profiter de son séjour à Paris pour trouver le véhicule familial qui va pouvoir prendre soin de la tribu dès notre arrivée sur le sol métropolitain! Après des dizaines de garages d’occasions parcourus et des échanges skype pour me montrer les bolides, c’est fait nous avons notre Picasso!

Sinon au programme pour nous occuper :

Nous faire connaître des services des eaux et de l’électricité… Remplissez le dossier et renvoyez le moi par mail… Et quel est votre index? Avez-vous un numéro de compteur? Avez-vous le dernier relevé? Le dernier locataire s’appelait comment? Hein euh non, non et je ne sais pas … Dans l’appartement le compteur est-il individuel ou collectif?! Combien de watts allez-vous utiliser? 6000, 9000? Euh comment dire, elle me parle chinois ou quoi?! Hein?!… Je peux pleurer tout de suite ou je dois attendre?! Si je lui dis à la dame du téléphone que nous revenons de 5 ans de voyage en bateau, que nous étions totalement autonome en eau, en électricité et que nous n’avions plus à nous soucier de ce genre de chose, elle va me laisser tranquille?… Bon déjà elle ne va pas comprendre qu’on vienne dans ce si petit village de 700 habitants, puis elle sera à mille lieux de comprendre de quoi je lui parle… Alors si je dis à la petite dame que j’ai d’abord trouvé une première location qui sur le papier nous convenait parfaitement, que la maison avait un charme fou et que nous avions même dit oui à sa propriétaire si sympa mais qu’en pleine nuit je me suis réveillée en ayant l’impression d’étouffer tant le fait d’être en centre ville m’est apparu impossible, mon souffle était comme coupé… Elle va se dire que je ne dois pas tourner rond, non?!  Elle ne comprendrait sûrement pas non plus que le fait qu’il n’y aie pas un horizon, une vue à regarder, à apprécier si ce n’est celle de la maison d’en face vide de tout occupant qui plus est, ne nous convienne pas… Que tout ce gris, ce béton, ce manque de verdure ça va nous filer le bourdon…

Mais si je lui explique que j’ai finalement  trouvé notre location sur le boncoin, en me basant sur les quelques 7 photos pour savoir si les lieux allaient pouvoir accueillir la tribu, que nous avons signé le bail sans même avoir visité le dit logement et que nous avons envoyé le premier loyer et le mois de caution sans avoir vu non plus le propriétaire, elle va me prendre pour une folle finie, nan? Et pourtant!! Difficile d’ailleurs dans ces conditions de répondre au questionnaire pour l’assurance habitation! Ben vui! Là encore… Avez vous une pièce de plus de 30 m2… Euh « joker »!!! Pourquoi, ça change quoi? Et bien on passe de 5 à 6 pièces alors… Ah? Ah ben non alors… Moins de 30 m2! Sur l’annonce il est écrit 5 pièces j’vais pas en rajouter!! Avez-vous un garage? Oui! Ça c’est écrit sur l’annonce, c’est facile! Oui mais elle m’a tendu un piège la demoiselle, c’est qu’elle est joueuse!! De quelle superficie diriez vous? Hein? Re « joker »… 10 à 15 m2 pour une voiture, 15 à 20 pour 2 voitures, 20 à… Stop hoho calme toi! La première réponse Jean Pierre!!!  Réponse A! Pfff c’est que c’est pire que les jeux télévisés c’t’histoire!! Suis en sueur moi à force, plus le questionnaire avance plus je me demande à combien va s’élever la facture!!!  N’empêche toutes mes interlocutrices ont vraiment dû se demander si je savais où j’allais habiter! Disons que je sais que nous allons avoir un appartement de quelques 105 m2 dans une ferme rénovée en petite résidence entourée de champs… Du vert!!! Oh oui, au moins ça!!

Donc, les cartons j’en ai parlé, Antoine a tout de même bien participé à son retour et usé de ses muscles pour la pesée de chacun d’eux, nous en sommes à 374 kilos! Tout y est et tout est parti!

Le reste va devoir rentrer dans les valises! La voiture aussi c’est fait, l’assurance c’est bon, l’eau et l’edf seront bientôt ouverts à notre nom, l’appartement c’est validé… Il reste l’école et c’est toujours aussi fastidieux! C’est juste le troisième établissement scolaire des garçons pour l’année… Tout ne se passe pas toujours comme on l’avait prévu… Ça devait être depuis des années, l’ANNÉE la plus stable possible pour que Malo passe sereinement son brevet… C’est la pire! Disons qu’ils auront tous les trois développé leur capacité d’adaptation et Malo en prime pourra repasser un brevet blanc puisque les dates ne sont pas les mêmes ici et en métropole! 🙂

Pacôme est donc inscrit dans l’unique école du village d’Arros de Nay où se trouve notre logement d’accueil et les grands iront au collège du village d’à côté à Nay.

L’assurance de Cataja est résiliée, nous avons beau vivre encore à bord, la radiation de pavillon et l’acte de vente étant signés, nous n’en sommes plus les responsables… Je vous dis pas le p’tit stress qu’on a!! On n’a pas intérêt à déraper sur un autre bateau!!

Notre voiture martiniquaise sera bientôt elle aussi entre les mains d’un bateau copain qui nous la rachète.

Je viens à bout des démarches à faire ici… En arrivant nous allons avoir besoin de nous trouver au moins des matelas, une table et des chaises, un canapé, quelques rangements, de la vaisselle, un frigo et des plaques… Nous allons avoir un appartement épuré! Est-ce toujours à la mode???

Enfin, tout cela nous tient occupé, tant physiquement que psychologiquement… Nous n’avons ainsi pas (trop) le temps de penser et de réaliser ce qui se passe en ce moment et le virage à 180 degrés que nous nous apprêtons à prendre… Les garcons profitent des derniers instants avec les amis…

Parfois nous sommes tout excités à l’idée de toutes les nouvelles découvertes que nous allons faire et à l’idée de revoir tous nos amis de bateaux eux aussi rentrés, nos familles, les amis de notre vie d’avant… Et parfois nous avons le coeur serré et lourd, le ventre noué, la boule dans la gorge… On nous demande si on est heureux de notre choix?… Je ne crois pas que ce soit le terme approprié… Nous avons fait un choix raisonnable en partie pour nos enfants, mais nous avons déjà dans un coin de nos têtes de nouveaux horizons, pays, continents que nous voulons découvrir… Après avoir vécu cette odyssée, nous ne voyons plus la vie autrement qu’en mouvement… Il nous reste à savoir quand, comment et avec quels moyens de transport… Mais ça l’avenir nous le dira! 🙂

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Toutes les photos de la Martinique sont ici!

Bientôt la fin…

Voilà… J ai maintes fois tenté d’écrire ce post… En vain… Trop flou, trop brouillon, trop chiffon… À l’image de mon état d’esprit actuel… Ça doit être pour ça… Là encore ce n’est pas parfait mais il nous faut bien vous annoncer la nouvelle…
En fait, cela fait des mois que nous sommes dans des questionnements sans fin quant à la suite de l’aventure et la visite de notre potentiel acheteur Paul en décembre n’a pas rendu les choses plus évidentes…
Nous avons les nerfs à vif depuis des semaines suite aux différents refus de ses demandes de financement. Il nous a fallu être patient et prendre les choses avec philosophie… Car en soit, ce n’est pas de rester sur Cataja qui nous dérange, c’est de ne pas savoir de quoi demain sera fait! Martinique, pas Martinique, France, pas France et où en France ?!
Et si on vend on va faire quoi? Quel sera le nouveau projet? Car il nous faut bien un projet pour avancer, pour nous donner la force de quitter Cataja, pour accepter un retour à la vie de terriens… Nous savons que la vie à bord est devenue compromise… Les envies d’évasion d’Antoine et moi et ce malgré mes nouvelles peurs ne sont pour le moment plus compatibles avec le voyage et la vie scolaire des enfants tels que nous l’imaginons… Il faut nous rendre à l’évidence… Et ce n’est pas facile à accepter… 😦
Oui mais si on vend, est-ce qu’on ne va pas s’ennuyer? Comment va-t-on se faire des « maisons copains »? Le décalage ne va-t-il pas être trop grand ? Ça en sera fini des soirées sur le pont du bateau à admirer le paysage… Il va nous falloir une maison avec vues sinon on va étouffer c’est sûr!! Comment passer de 28 degrés toute l’année au climat froid et rude que nous ne connaissons plus? Et comment on va gérer l’enfermement quand on est habitué à vivre au grand air tous les jours? Et le bruit, ne va-t-il pas nous agresser? Nous sommes habitués à être quasi seuls au monde, loin du stress ambiant… Nos priorités vont-elles changer?
Autant de questions qui se bousculent dans nos têtes…
Et puis nous y voilà… C’est aujourd’hui le mercredi 17 janvier à 14h à cette table de restaurant avec Paul en face de nous, qu’une simple signature sur un bout de papier décide finalement de la suite à donner et précipite le tout… L’acte de vente est signé par les deux parties… On dit que les deux plus beaux jours dans la vie de celui qui possède un bateau sont celui de l’achat et le jour de la vente! Je confirme que nous nous souviendrons éternellement de notre merveilleux 25 décembre 2012 où nous avions eu le plus beau des cadeaux de Noël! Pour le reste je n’en suis pas certaine…
Je viens de signer machinalement les cinq exemplaires demandés, sans réfléchir, sans me poser de question… Antoine a le regard rougi, Paul le rassure sur le fait qu’il prendra soin de Cataja… L’un a le sourire du bonheur, l’autre le sourire de circonstance, de l’apparence… Et moi rien… Je ne ressens rien… On nous demande de retourner au bateau pour finir l’expertise, je me lève et quitte les lieux pour retrouver ce qui est encore notre chez nous et qui est observé sous toutes les coutures depuis des heures…
Nous quittons Paul. Il est heureux, ça se voit, ça se sent, il doit avoir envie de sauter de joie… Il nous serre dans les bras pour nous dire aurevoir, il ne cesse de sourire… Je reste spectatrice de tout ce qui est entrain de se jouer devant nous… Et je ne ressens toujours rien…
Nous prenons la mer pour retrouver notre mouillage pour les 20 derniers dodos avant de laisser Cataja ! Oui vous avez bien lu! Nous serons en France le 8 février!! Retour plutôt rapide!! Nous avons bien tenté de le vendre pour la fin de l’année scolaire mais ça ne faisait pas parti des projets de l’acheteur et comme nous avons eu une offre au prix demandé , nous ne pouvions pas refuser…
La mer est belle, plate, de beaux nuages se dessinent dans le ciel, assis sur le pont de notre bateau nous savourons l’instant… On discute, on échange nos ressentis… Antoine me fait part de son pincement au coeur, il réalise, en partie seulement… Et puis je prends place un peu plus loin et me perds dans mes pensées… Un moment d’intimité pour Antoine, pour moi… Je regarde le paysage défiler, j’écoute Cataja filer sur l’eau, je regarde son sillage, je ressens le calme des lieux et soudain je réalise… Les larmes se mettent à couler sans que je ne puisse les arrêter… Mon ventre se noue, l’horizon devient flou, les images de ces 5 dernières années se bousculent dans ma tête, tellement de bonheur sur les flots qui m’explose au visage d’un coup… Je réalise que c’est la fin, la fin de notre si belle odyssée en famille. Ca fait mal, très mal… Je pensais que je serai soulagée d’enfin savoir ce que nous allions faire maintenant… Mais à la place, je suis terrorisée par l’avenir…  J’ai peur, peur de quitter cette vie, notre monde, notre Cataja… Peur que l’on se soit trompé dans notre choix… Peur de perdre notre équilibre…
Antoine est à la barre, pensif, je suis dans ma bulle, assise sur la jupe arrière les pieds dans l’eau… Dernières sensations de navigation…
Nous arrivons à notre mouillage… Tous les deux fatigués de cette longue journée riche en émotions… Voilà… Cataja va rester là jusqu’à ce que nous remettions les clés le 7 février…
Et l’organisation du retour vers notre nouveau chez nous peut commencer… Nous vous annonçons une installation dans la région de Pau. Après la mer, nous allons essayer de nous laisser gagner par les sommets…

La savane des pétrifications et ses paysages lunaires…

Maintenant que nous sommes équipés, que nous sommes toujours motivés pour découvrir les lieux et que Cataja n’est pas vendu, nous nous rendons au bout de la Presqu’île de Sainte-Anne dans le sud de l’île voir la Savane des Pétrifications! Autrefois il paraît que l’on pouvait trouver en ces lieux de nombreux morceaux de bois, parfois d’arbres, fossilisés. Aujourd’hui les pillages ont apparement fait disparaitre ces vestiges géologiques… Mais nous voilà dans une zone digne d’un autre monde… Un monde lunaire et désertique alors que nous sommes tout de même sur une île tropicale à la végétation habituellement luxuriante!! Ça nous change de la randonnée de la semaine passée dans la jungle!! Le sentier débute dans le sous bois jouxtant la jolie plage de l’Anse à Prunes. On arrive ensuite à un petit pont de bois qui permet le franchissement de la rivière de l’Etang des Salines. Bon, c’est marée presque haute apparement et pour rejoindre le pont il nous faut d’abord enlever les baskets pour passer les rochers et l’eau affleurante. Une fois arrivé de l’autre côté, la rando peut commencer!

Le sentier se faufile entre la mer qui nous rappelle des paysages bretons avec ses falaises et son eau bleu profond et une grande étendue de terre où les herbes hautes de couleur paille ondulent sous le vent. Le contraste des couleurs est saisissant ! C’est magique!! A mesure que l’on progresse, la côte se fait plus découpée et le chemin grimpe un peu plus… On arrive alors à la Pointe d’Enfer qui offre un panorama magnifique sur la côte. De là, nous sommes émerveillés par le paysage qui s’offre à nous! Tout est si aride… Le sol est ocre et sablonneux par ici, craquelé et gris là, granuleux et rouge plus loin encore… Tant de couleurs au même endroit entre ces terres mystérieuses, cette végétation au loin faite de cactus et de quelques arbres résistants aux vents… Nous sommes ailleurs, ce n’est pas possible, ce n’est pas la Martinique qui nous offre ce paysage de far west! La chaleur est étouffante, nous avons choisi la bonne heure en venant ici entre midi et deux!!

500m plus loin nous arrivons au début de la plage de l’Anse Trabaud! Waouh!!!! Que de contrastes!! La mer d’un bleu presque fluorescent, le sable d’un blanc presque immaculé et la végétation redevenue si verte et si touffue… L’ombre présente dans les sous bois de la plage nous permet de nous poser un peu pour manger et éviter l’insolation!

L’air marin nous permet de mieux respirer avant de rebrousser chemin! Pour le retour nous choisissons un autre chemin loin des autres 3 ou 4 randonneurs croisés! Hihi ben oui on reste sauvage que voulez vous… Le retour nous rappelle notre belle île Fourchue à côté de Saint Barth. Le sol est aussi piqué ici et là de cactus, d’herbes folles couleurs or et nous devons regarder où nous marchons pour ne pas se planter quelques épines dans le pied!

Nous voilà de retour à ce joli pont… Cette fois c’est sûr c’est marée haute, va falloir se déchausser à nouveau et nous mouiller un peu plus mais ce n’est pas pour nous déplaire après cette petite marche sous ce soleil de plomb!

Toute la tribu a eu sa dose de découverte et de nouveauté… Une fois encore nous sommes épatés par la beauté de l’île… 🙂 Next!

Toute plume n’est pas douce au toucher!

Voilà un moment que nous n’avions pas eu de petites histoires à raconter… Et bien paf!! C’était aujourd’hui et pour notre Malo! Tout commence par une baignade joyeuse entre frangins et un copain venu pour l’après midi à bord. Ça court, ça saute, ça plonge, ça se poursuit, ça crie, ça rit… Le soleil brille… Et puis l’instant d’après, Malo se précipite hors de l’eau pour prendre notre bouteille de sable magique conservée depuis les Baléares pour calmer les piqûres de méduses… Il se gratte, et fini par m’appeler à l’aide! En sautant à l’eau, il s’est en fait frotté à des sortes d’algues qui recouvrent nos cordages. Il se plaint de démangeaisons qui font de plus en plus mal… Il commence à pleurer et à s’activer sur place tant ça le pique! Son dos et son aisselle sont recouverts de boursouflures et de boutons, sa peau est rouge vif!… Je dégaine la crème calmante et anti urticante… Ça ne change rien… Plus ça va, plus sa peau devient écarlate et plus il se plaint, crie, pleure… Des frissons lui parcourt le corps… On lui dit de bien respirer, d’essayer de se calmer… La biafine!!! Pour les brûlures, essayons!! Ainsi que l’antihistaminique oral… Mais les minutes sont longues et pour notre Malo qui souffre le martyr et pour nous qui ne savons plus quoi faire pour le calmer… Antoine veut se rendre à la pharmacie avec lui pour voir si à tout hasard ils ont un remède miracle… Malo ne peut même pas mettre un tee shirt, le moindre contact avec le tissu lui est intenable, même le vent sur sa peau lui fait horriblement mal… Mais c’est quoi cette m**** qui l’a piqué??!!!! Les coupables sont ces espèces de plumes qui sont sur nos cordes et qui semblaient pourtant jolies et sans danger! Nous vous présentons les hydraires!

 

Des individus qui ont particularité d’être urticants d’après les divers articles trouvés sur le net. Sans déconner??!! En effet, la famille des hydraires et des méduses possèdent des cellules urticantes composées d’un filament relié à une poche à venin. Cet appareil permet de paralyser des petites proies mais peut causer de sévères brûlures sur le plongeur.

On confirme!!! Et pas de remèdes de fou non plus en pharmacie, nous avons donné ce qu’il y avait à donner… L’antihistaminique commence enfin à faire effet après plus d’une heure. La douleur toujours présente mais amoindrie permet à Malo de mieux respirer et de se calmer un peu… Le retour au bateau est plus serein… Ouf!! La peau de notre Loulou est toujours meurtrie et toutes ses émotions l’ont bien fatigué…

 

D’après mes infos, cela peut prendre plusieurs jours avant que tout ne rentre dans l’ordre pour ses brûlures… Des cloques peuvent se former… Espérons que ça prendra le moins de temps possible!

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Nous aurons appris ce jour à identifier un nouvel ennemi… Nous connaissions les méduses, les oursins, le corail de feu, les poissons lions, le poisson pierre… Autant d’espèces à garder à l’œil… Maintenant nous saurons pour les hydraires!

Allez… C’est mieux d’avoir quelques mésaventures pour avoir des choses à raconter dixit mon doudou… Bon ben voilà c’est fait! 😉

La cascade Didier…

Nous voilà en week end, voici l’occasion de découvrir un peu les beautés de l’île aux fleurs. Le choix est porté sur la randonnée menant aux cascades Didier sur les hauteurs de Fort-de-France et c’est avec nos amis et voisins Gregal que nous partons à la découverte des lieux. Bon déjà, nous nous sommes trompés de route pour la balade prévue… Pas grave on va en faire une autre, celle menant aux sources Didier, c’est vert, c’est luxuriant, ça va le faire! On commence par une bonne descente qui nous fait directement penser au retour, on va morfler à remonter ça!! 🙂

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Le paysage est grandiose… Tout semble géant! Les bambous sont immenses, les fougères atteignent des hauteurs incroyables, les feuilles nommées oreilles d’éléphants sont big elles aussi… Les fleurs tropicales sont partout… Nous sommes en pleine jungle et clairement nous ne pensions pas que l’île était aussi luxuriante! Ça nous rappelle le centre de Porto Rico… Même ambiance, même moiteur, même chaleur… Les lianes ici et là donnent envie de faire des tarzannades à certains! 🙂

Au bout d’une heure trente de pataugeage dans la terre et la boue, d’escalade de rochers nous arrivons à la source Didier! Haha !! De l’eau!! Oh Oui!!! Hein, mais comment ça on n’a pas le droit de se baigner?? Zut!!! Bon, d’ordinaire nous n’aurions eu que faire de cette interdiction mais là on se dit que ça ne doit pas être terrible avec la mise en bouteille et compagnie … Dans le doute, on respecte. Bon c’est bien tout ça mais on meurt de chaud et de faim et nous n’avons pas trouvé d’endroit idéal pour calmer nos estomacs… Les enfants et moi même patientons devant la société des sources Didier qui cela dit en passant possède une maison pour laquelle nous ne dirions pas non, pendant que Grégal et Antoine cherchent où nous poser… Par ici!!

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En fait, notre balade nous a mené au parking de la dite randonnée des cascades Didier que nous voulions faire! Il reste 45 minutes pour atteindre la cascade! C’est un peu sportif à certains endroits apparement suite au passage de Maria qui a démonté des arbres, mais ce n’est pas loin me dit mon doudou! Pas loin, tu plaisantes ou quoi?! J’ai la dalle moi, j’vais tomber si je ne mange pas! Grrrrr… Effet de groupe oblige… Tu fermes ta bouche, tu râles intérieurement et maudit tout ce que tu veux mais tu avances avec ton air le plus frais possible!! Tu es rouge écrevisse après tes efforts, tu est suante, voir puante, tu pourrais manger un boeuf MAIS ce n’est pas grave tu es ravie de cette balade même si tu meurs de faim 😉

Bon allez, on commence par escalader cet arbre immense que l’on aurait pu penser intouchable et qui pourtant est maintenant couché en plein milieu du chemin… On ne pense pas aux éventuelles araignées qui auraient pu avoir la bonne idée de se réfugier sous l’écorce, à l’endroit même où je pose mes fesses en short court! On poursuit en descente encore et on sent les guiboles qui commencent à accuser le coup d’un manque flagrant d’entraînement! Et là, en plein milieu, nous découvrons avec joie le fameux tunnel à traverser! Moi quand on m’a dit tunnel je pensais bêtement à un petit passage sous un bois limite gadoueux et hop fini! Mais non!!! Ça aurait été trop simple!! Au lieu de ça, nous voici, me voici devant ce qui pourrait être un parfait décor de parfait film d’horreur!! Hiiiiiii… Nous pénétrons dans la caverne des chauves souris!! Pas les petites, toutes mignonnes que nous avions dans le sud de la France, noooonnnnn, les plus grosses, celles qui sont bien d’ici en formes et généreuses!!

Nous déambulons sur de grosses conduites d’eau et nous tenons tant bien que mal aux rambardes installées ou à ce qu’il en reste! On joue aux équilibristes! Ça glisse, c’est noir, c’est rempli d’eau sur les côtés, ça grouille de je ne sais quoi au sol, et ça dure une centaine de mètres!! Ahhhhh j’vais mourir!! Ahhhh c’est quoi là?! Ahhhhh y a des chauves souris partout et c’est quoi qui rampe là?! Des rats, des cafards… Je ne sais pas, je ne veux pas voir!! Je me concentre sur ma fichue lampe de téléphone et le mince éclairage qu’elle m’apporte! Ne pas tomber, ne pas glisser, ne pas penser et avancer!!! C’est long 100 mètres dans certaines situations je vous le dis!!! Ho!! Ça y est la libération est pour bientôt, la lumière se fait plus proche, on y est presque!!! Yesssss!!!! Alléluia!!!

Hein, quoi, comment ça y a le retour à faire après par le même chemin?!! Bon, allez on prend le petit sentier plus qu’étroit, on se tient aux malheureux semblants de branches, on grimpe, on passe l’échelle et après une vingtaine de minutes nous y sommes! Nous voilà à la première jolie cascade Didier… L’eau est cristalline, elle nous invite à la baignade! Bien fraîche, elle nous revigore! Il est temps de manger enfin nos sandwichs!!!

Enfin!!!!! Trop bon! Antoine ne résiste pas longtemps à vouloir escalader la cascade et faire un saut de là-haut!… Grrrr mais pourquoi faut il toujours que cela soit ainsi? Hein? Il ne peut pas juste admirer d’en bas? Monsieur fait son beau devant les quelques spectateurs… Que voulez vous, il aime ça, avoir son petit coup d’adrénaline et épater la galerie par la même occasion… Ce qui n’est pas pour déplaire à Grégal, enfin jusqu’à ce que mon doudou convainque Jean Lo et Raph de faire pareil… Là, je crois que Carole aurait pu tuer mon doudou devant le spectacle de son fiston sautant du haut de la roche! D’ailleurs elle me l’a dit!! « tu sais que je le tue si Raphaël se tue? »… euh… Oui oui je sais… hihi…  🙂 Enfin je suis comprise par quelqu’un d’autre… Mon ventre se tort dans tous les sens en voyant mon homme braver les airs… Il sait ce qu’il fait me dit-il… Oui mais moi c’est la panique à chaque fois et je ne vous dis pas ce que cela me fait quand ce sont les miens de fistons qui font comme papa… Mais cette fois j’ai été épargné! 🙂 Ils se sont limités à une baignade rapide dans l’eau glaciale! 😉

Il est 15h30, nous sommes repus, rafraîchit, nous choisissons de rebrousser chemin pour éviter de finir la balade de nuit. Nous ferons la deuxième cascade une autre fois! On prend notre courage à deux mains et on repasse le tunnel de l’enfer… Mon petit Pacôme se veut moins rassuré qu’à l’aller! Et les imitations de bruits d’horreur des grands n’y est pas pour rien! Que c’est drôle pour eux de faire peur à leur petit frère!

On escalade, on souffle, on respire, on observe, le temps passe et la dernière montée s’avère effectivement tueuse pour les gambettes! 🙂 Mais voilà, on est arrivé, on va pouvoir rentrer, se baigner et nous détendre de cette belle journée sportive.

Voilà, une rando concluante. Les garçons ont passé un bon moment, se sont bien dépensés et on bien envie de continuer les découvertes. Alors, prochaine étape, un tour à decathlon pour investir dans de nouvelles paires de chaussures et un sac isotherme! On va être au taquet pour les prochaines balades quelque soit le temps qu’il nous restera sur l’ile…

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Bonne Année!!!!!

Et voilà!! Nous y sommes en cette fin d’année 2017 qui malgré tous les moments de bonheur offerts nous aura amené son lot de questionnement et une remise en question générale de notre mode de vie!

 

Une année charnière et nous espérons que 2018 verra naître de nouveaux projets et de nouvelles aventures ici ou ailleurs! 🙂

En tout cas, elle commence avec nos amis près de nous et avec une bonne tranche de rigolade après coup, lorsqu’à minuit nous avons bien cru que la fusée lancée par Jean Lo allait mettre le feu aux arbres de la plage juste en face!!! Plus de peur que de mal!!!… Après 1 bonne minute à retenir notre souffle, la lumière rouge et chauffante s’est finalement éteinte!! Ouf!!!!! 🙂

Alors, BONNE ANNÉE!!!! 🙂 🙂 🙂

Pas de grand discours… Nous vous souhaitons tout le meilleur… Des rêves en pagaille, une bonne santé pour en profiter et plein d’amour de vos proches!
A bientôt !
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Toutes les photos des Grenadines sont ici!