Un retour épique…

Jeudi  11 septembre, nous venons d’atterrir à Fort de France !! Yessss, sans casse ni crash, pas de tour à détruire ici ! Mais une chose est sûre, les vols n’étaient pas complets en ce jour, superstition oblige j’imagine ! Nous récupérons notre petit appartement pour la nuit, demain la navette nous attend pour 7 h tapante !!

Vendredi 12 septembre, après une nuit de sommeil quelque peu écourtée, décalage horaire oblige, les yeux comme des billes dès 5 heures du matin, nous faisons route vers le ponton de Sainte Luce où nous devons récupérer la navette qui nous amènera à Sainte Lucie. Nous avons réussi à trouver un plan à 130 euros pour tout le monde et d’ici 2 heures nous serons à bord de Cataja !! Oh oui… Il nous tarde !! 6h45, la voiture est rendue, les bagages prêts à être embarqués, les estomacs repus, nous attendons sagement… 7h10, d’autres passagers arrivent et nous commençons à nous dire que ça fait du monde pour  les deux petits bateaux présents devant nous… Antoine va donc se renseigner, le verdict est sans appel… Nous ne sommes pas sur les listes de passagers du jour, un méli-mélo ayant pour résultat de nous laisser comme des truffes sur le ponton avec le regard désespéré des enfants… « Mais comment on va rentrer  maman ? Alors on ne va pas sur Cataja aujourd’hui ? » Euh, si si, on va trouver une solution… Le gars tenu pour responsable étant sous notre main, nous lui demandons d’au moins nous déposer au Marin, pour avoir une chance de trouver un bateau pour rentrer !! Manque de bol, il est déjà 8h30, tous les bateaux sont déjà partis, le seul possible part de Fort de France à quelques 30 km, sans voiture et avec tous nos bagages pour la modique somme de 400 euros… Aoutch !! Les autres navettes ne sont pas avant lundi !!  Je me rappelle alors d’un bateau faisant la traversée en privé et m’empresse de l’appeler… La dame quelque peu surprise de notre demande si rapide, après négociation nous dit banco pour 300 euros, c’est plus du double mais bon tant pis, nous voulons rentrer chez nous… « Je serai là pour 10h30, le temps de récupérer mon bateau aux Trois Ilets »… ok… Nous nous posons le long d’une cabane à l’ombre, il ne nous reste « que » deux heures à attendre par 40 degrés…

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La dame en question passe nous trouver sur son passage pour nous demander nos passeports de façon à faire les papiers de sortie, elle sera là vers 11h15 finalement… ok… « Super » (c’est 45 minutes de plus déjà que l’heure prévue, mais que pouvait-on dire d’autre à notre seule chance de partir !)… 11h30, toujours personne à l’horizon, nous sommes sous un soleil de plomb avec nos 150 kilos de bagages, les garçons commencent à être brûlés sous les yeux tant ils se les frottent  de fatigue et en raison de la chaleur écrasante… Nous appelons…  « Je suis en rade au milieu de la baie, je ne sais pas ce qu’il y a, j’ai appelé le cross med j’attends du secours, je vous tiens au courant ! nous dit la dame»… ok… «Pas de problème nous ne bougeons pas » Déjà là l’envie d’hurler se profile en moi, elle a nos passeport et on ne sait pas comment les récupérer si jamais… arrrrgghhhhhh…

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12h, «c’est bon je suis repartie, j’arrive »… Super ! 12h30, re appel « je suis retombée en panne, je vais voir le mécano… » Là, vous vous dites quand même que ce n’est pas votre jour, les larmes me montent aux yeux de désespoir, d’impuissance et de colère ! Ne te laisse pas déborder Eurielle, ressaisis-toi !! Mon doudou me réconforte, son optimisme est mis à mal mais il tient le coup 🙂 Pourquoi ne peut-on pas juste retrouver notre bateau ?…  « Imagine maman si on tombe en panne au milieu des îles, on aurait l’air chouette » me glisse Malo… Il n’a pas tort, peut-être faut-il laisser tomber pour aujourd’hui… 13h15, l’appel de la dernière chance, elle arrive pour de bon cette fois… Ah yessss, après être proche de l’état de brochette au barbecue, nous nous dirigeons doucement et lourdement vers le ponton à gazole, lieu de rendez-vous… 14h00, elle est là !!! Yesssss, yessss, oui, oui, oui, on a été entendu !!! 🙂 Depuis 6h ce matin, nous allons enfin rentrer chez nous !!!… « Je dois prendre de l’essence et on y va nous dit-elle »,  pas de problème… C’était sans compter sur le message sur la porte – réouverture à 15h – … Pas de panique, il y a de l’essence à l’autre ponton, on va en prendre là-bas… Ponton à essence fermé ce jour, même l’automate ne marche pas…. Arrrgghhhhhh on est maudit, cette fois c’est sûr !!!! On ne va jamais y arriver… La dame commence à se demander si vraiment elle veut faire le chemin, elle craint de ne pas avoir assez d’essence pour son retour, d’arriver trop tard… Antoine en bon négociateur réussi à lui faire dire que « Oui on le peut »… Allez on croise les doigts et tout ce qu’on peut pour que la navigation se passe bien… J’ai un  peu la boule au ventre, Pacôme exténué s’endort à mes pieds et sera bercé pendant les 50 minutes de traversée !

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La mer est superbe, le soleil brille, l’air nous revigore et Rodney bay pointe le bout de son nez, ouiiiiiiii on est arrivé, enfin !! La malédiction est levée !!!! Nous remercions la dame et prenons notre voiture, plus qu’une demi-heure et nous serons chez nous ! Allez on se fait même une arrivée de jour, on n’ose plus y croire, on est des fous nous !! 🙂 Là encore, il a fallu que l’on tombe dans les bouchons et que l’on se trompe de route pour la première fois, retardant encore l’arrivée !! 18h00, soit 12 heures de voyage et d’attente plus tard au lieu des deux heures  qui étaient prévues, nous sommes devant Cataja ! Il est là, sain et sauf et nous aussi 🙂

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En montant à bord nous sommes frappés par sa couleur, il est noir de partout, sali par la poussière des travaux alentours et sent le renfermé, nous devons encore tout aérer et ranger nos bagages, mais nous sommes à la maison ! L’heure du coucher arrive enfin après cette journée de folie, et comme si ça ne suffisait pas, il nous faut enlever tous les draps, ces derniers sont moisis et pleins de poussières… Tout est dans cet état… Nous usons de nos dernières forces et installons par la même occasion nos moustiquaires… Demain, ça sera gros lavage mais ça sera un autre jour, allongés de tout notre long et tout notre poids dans notre lit, Antoine et moi savourons cet instant de bonheur et de repos bien mérité ! Bonne nuit…

Samedi 13 septembre, le jour se lève, allez c’est parti, motivés à bloc on attaque le rangement et nettoyage de Cataja… hiiii mais qu’est-ce que c’est que ça ?… Il y a de l’eau dans les placards d’Elian et de Pacôme, les vêtements sont moisis et humides, les réserves d’école sont trempées, les vaigrages imbibés d’eau… Oh non, il n’y a pas pas 10000 solutions, soit ce sont les fortes pluies soit ce sont nos réservoirs d’eau qui fuient ! Antoine se lance dans le démontage des placards pour trouver où est le problème, et bien entendu ce sont nos réservoirs qui sont pictés de trous laissant passer l’eau.

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Sur le ponton nous faisons appel à Embat pour la réparation. Nous en profitons pour réviser nos moteurs et retaper notre échelle. Le tout doit être fait sous 2 jours, ok, top ! Ça nous va… Mais n’oublions pas que nous sommes aux Caraïbes… Les deux jours commencent à durer, la température dans le bateau est étouffante, il fait 40 degrés dehors comme dedans, les moustiques sont de la partie et il n’y a pas un brin de vent. Nous avions d’ailleurs choisi cet endroit pour cette raison, sa réputation de trou à cyclone ! En bateau nous sommes habitués à avoir de l’air circulant à bord au mouillage, à quai c’est toujours plus délicat mais alors là c’est  le summum de l’irrespirable. Nous n’avons plus d’eau à bord, nos réservoirs ayant été enlevés,  la vaisselle se fait sur le quai, les douches au jet, on se faits dévorés par les mosquitos et craignons d’attraper le chickungunya qui sévit dans le coin, les garçons ne peuvent pas travailler leur CNED tant nous étouffons, le bateau est à nouveau sale de partout avec le passage des intervenants à bord, nous avons un jetlag dans la tête, ça fait beaucoup pour un retour !!! Nous voyons rouge, nous n’en pouvons plus de ce bazar et de cette ambiance, des heures de nettoyages pour rien, pour tout recommencer à zéro. Notre moral est au plus bas… Stop, y en a marre, nous faisons le choix de nous prendre deux nuits d’hôtel à côté ! Ce n’est pas raisonnable et nous ne bénéficions que de la chambre, l’établissement étant en rénovation, la piscine nous nargue et nous ne pouvons y mettre un orteil mais la chambre est spacieuse, climatisée et nous sommes protégé de toutes les bêbêtes !! Les garçons retrouvent leur sourire, ils ont une chambre juste pour eux avec un big lit, l’eau coule à flot et nous retrouvons enfin un peu de calme 🙂

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Jeudi 18 septembre, après 2 jours de retard, nos travaux sont finis, nous désespérions mais ça y est on a tout bon !! Un dernier coup de polish à Cataja pour le faire briller, un dernier rinçage, derniers rangements, nous quittons la marina pour le mouillage juste à quelques mètres… Miracle, il y a de l’air et l’on peut se baigner !! Ouf, on revit !! Nous retrouvons les sensations de la vie à bord, nous reprenons nos marques, nous nous réhabituons au mouvement du bateau, nous avons l’impression de revivre notre première fois 🙂 Heu-reux !!

Nous aurons durant ces quelques jours, hormis notre furieuse envie de mettre les voiles vers de nouveaux horizons, découvert l’autre visage de Sainte Lucie. Nous avions gardé en souvenir l’antipathie de la population, l’agressivité des gens, la nonchalance ambiante, sentiments partagés par d’autres voyageurs. Et puis il y a eu les travaux à réaliser et la compétence incontestée de trois hommes, Dwane, Mbate et Romuel travaillant sur des bateaux à poste à la marina de Marigot Bay. C’est la raison pour laquelle nous avons fait faire nos réparations ici. Il est difficile de trouver des gens compétents et à des prix cohérents. Nous n’avons pas été déçus ici et nous tenions à le signaler. Le personnel de la marina a également été au petit soin et très professionnel.

Allez, fini l’épisode Sainte Lucie, nous sommes le 20 septembre, ce matin nous faisons cap vers Bequia aux Grenadines… Que l’aventure recommence !!

7 réflexions sur “Un retour épique…

  1. ah oui …. l article dans Multicoques.. c canon , je me rappelle que c’est aussi dans ce magazine que j ai découvert votre blog l’année derniere !!!!
    a bientôt

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  2. Bonne « rentrée » ou plutôt bonne reprise de votre voyage fabuleux, je suis ravie de vous lire encore et de savoir que l aventure continue.. valérie et sa famille

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    • Haha, quelle jolie expression, maudits chanceux!! Je vais la retenir!;) nous espérons nous aussi que tout aille pour le mieux a présent! Cataja a montré son mécontentement a plusieurs reprises, c est bon maintenant!;)

      A bientôt Sophie,
      Eurielle et Antoine

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